Dame Thémis soulève le bas

 
focus-archi-architecture-Eupen Haren01.jpg

Vaste opération de séduction avec l’ouverture, partout à Bruxelles et en Wallonie, des palais de justice aux justiciables. Eupen était de la fête avec son neue Justizpalast à 8.000 m2, nouveau joujou jalousement couvé, comme ses homologues présents et à venir (Namur, Nivelles extension, Termonde,…), par la Régie des bâtiments. Le méga-chantier de la prison de Haren/Bruxelles débutera, lui, en avril prochain.

Ce dernier samedi de novembre, l’ensemble des palais de justice de Wallonie-Bruxelles ouvraient leurs portes au grand public, pour toucher du doigt les rouages concrets de Dame Thémis. En Belgique de l’Est – scolairement, les cantons rédimés de naguère restitués à notre royaume en juin 1919 par le traité de Versailles –, désignant ceux de St-Vith, Eupen et Malmedy, Eupen ouvrait ainsi les portes de son nouveau Justizpalast d’un peu plus de 8.000 m2 à 21 millions €. Rathausplatz, le joujou flambant neuf est pourtant loin d’être terminé même si les travaux de construction touchent à leur fin.

 

Débutée en janvier 2017, la première phase des travaux est bouclée. Des bâtiments ont été détruits pour faire place à un nouvel immeuble à la volumétrie intégrée dans le tissu urbain environnant. Il compte 1 chambre du conseil, 3 salles d’audience, bureaux et greffes. Autrefois éparpillés dans tout Eupen, la plupart des services ont en effet déjà déménagé dans le nouvel écrin. Les premières audiences devraient s’y tenir en ce début décembre. L’ensemble se distingue par de grands pans vitrés, crépi clair, acier et pierre bleue. Gestionnaire de l’immobilier et du foncier étatiques (8 millions m2; écho FA web ‘retrouver les ors du passé’), la Régie des bâtiments en a été le chef d’orchestre.

«Village» carcéral

Objet d’un PPP (partenariat public privé), la rénovation des bâtiments avoisinants constituera la seconde phase du chantier et débutera en janvier prochain. La livraison interviendra en 2020. Befimmo loue les lieux pour 25 ans, avec option d’achat en fin de bail. Un PPP cette fois de type DBFM (Design-Build-Finance-Maintain) sera à l’œuvre pour ériger la méga-prison de Haren (Bruxelles) à 1 milliard €, devant remplacer ses homologues de St-Gilles et Forest-Berkendael. Ce village carcéral novateur de 116.000 m2 (écho FA web > ‘Coups de pelle pénitentiaires’) sera établi sur un site de 15 ha comprenant trois prisons pour hommes, institutions fermée et ouverte pour femmes, hôpital, unités d’observation et psychiatrique, centre médical et centre visiteurs, atelier travail-éducation et complexe sportif. Pour le tandem Régie/SPF Justice, un coût de 40,2 millions/an est évoqué à acquitter pendant un quart de siècle.   

Cet été, le consortium privé Cafasso (le Belge Denys, FCC Construcción et Macquarie Capital, sociétés de droit canadien et néerlandais) a signé un contrat prévoyant la prise en charge des «dessin des plans, construction, financement des travaux et maintien du complexe en bon état», rapportait récemment l’agence Belga et d’autres médias. Le même assurera également entretiens techniques du futur plus grand établissement pénitencier du pays, projet décrié et controversé. Les travaux de construction devraient débuter en avril 2019. La méga-prison aux quelque futurs 1.200 détenus devrait être opérationnelle pour le printemps 2022. L’A.M. EGM Architecten et B2ai sont chargés de sa conception.

© Régie des Bâtiments (Eupen); EGM+B2ai (Haren)

Par Philippe Golard

focus-archi-architecture-Eupen Haren-plan.jpg
focus-archi-architecture-Haren prison01.jpg
focus-archi-architecture-Haren prison02.jpg

 
ActuMarieCh