Douche froide pour Amazon

 
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Fronde des New-Yorkais anti-HQ2 Amazon


En novembre dernier, le géant mondial de la vente en ligne annonçait ouvrir un double siège bis sur la côte Est, après le quartier-général de Seattle en Silicon Valley signé par le bureau NBBJ. L’un le serait à New York, à Long Island. L’autre le serait à Washington. Les New-Yorkais viennent d’en décider tout autrement. Adieu les 370.000 m2 escomptés. Quant à la suite, l’homme le plus fortuné de la planète Jeff Bezos et son entreprise Amazon décident de ne rien décider… Pour l’instant.

Sous l’impulsion des Bezos, Gates, GAFAM (échos > FA web), leurs licornes et grands des fintechs, Seattle est devenu l’écosystème par excellence des techs de l’innovation au cœur de la Silicon Valley (zoom ‘Archis US’>Focus Archi 19), sur la côte Ouest des Etats-Unis. Dans une ville de 3,7 millions d’habitants, plus de 250.000 personnes y travaillent dans le seul secteur des technologies. Les universités locales n'arrivent plus à couvrir les besoins en ingénieurs et recrues du boulimique secteur de l’informatique. Les talents affluent du monde entier.

Quelque 45% du marché mondial du cloud y est concentré, aux mains de Microsoft et d’Amazon. Intelligence artificielle (IA), gaming (400 sociétés) et aérospatial (Boeing, …) constituent les autres grands secteurs d’une cité émeraude qui croît plus vite qu’elle ne peut absorber. Sans compter la gentrification qui affole tous les loyers. En janvier 2018, Amazon, l’une des cinq premières capitalisations boursières mondiales actuelles y inaugure son quartier-général conçu par le bureau d’architecture américain NBBJ.

David et Goliath

Mêlant plusieurs tours et un trio de sphères connectées, boules incurvées mêlant verre clair, socle en béton et 620 tonnes d’acier, la structure (vidéo BloombergTV, 1’) est partiellement accessible au grand public. Anticipant l’avenir, à l’automne 2017, Jeff Bezos lance le processus pour ouvrir un deuxième siège Amazon, cette fois sur la côte Est américaine. Particularité? HQ2 serait cette fois bicéphale, Et hors de prix, avec près de 4,5 milliards € affichés au compteur des dépenses. Pas moins de 238 villes d’Amérique du Nord s’étaient déclarées pour emporter le pactole. Une short-list de 20 avait été finalement arrêtée, jusqu’au choix final: 370.000 m2 pour 50.000 nouveaux employés et cadres au moins à New York sur Long Island City, séparé par l’East River de Manhattan; et Arlington-Virginie, une des banlieues de Washington DC (vidéo WSJ, 3’ 55’).

Las, c’était sans compter un remake de David terrassant Goliath sous forme de trois mois de fronde victorieuse résolument anti-HQ2. Elle rassemblait à la fois activistes et riverains de cette partie de la Grosse Pomme, syndicats et nombre de politiciens locaux. Griefs? Incitants financiers et crédits d’impôts promis à l’entreprise ultra-bénéficiaire comme  inflations immobilières et futures surcharges des infrastructures (métro, écoles, …) constituent autant de sujets de fâcherie. En cette mi-février 2019, Amazon a finalement jeté l’éponge, annulant son projet de HQ2 Amazon à Long Island City (LIC). «Malgré 70% de New-Yorkais favorables à cette implantation», commente l’entreprise sur son blog tandis qu’un très récent sondage du Siena College Resarch Institute évoque plutôt des chiffres de «56 à 36%». Le géant du web ajoute que la recherche du deuxième site du binôme HQ2 ne sera pas rouverte pour autant. Amazon se concentrera sur le développement du hub de Virginie et d’un nouveau plus petit centre d’opérations au Tennessee, s’ajoutant aux 17 ensembles tertiaires et hubs techniques possédés aux Etats-Unis/Canada.

Par Philippe Golard

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