Haren: enfin tous les feux au vert?

 
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Remise aux normes pour la prison de Namur, délabrée


Juste avant cette trêve estivale, le Conseil d’Etat a rejeté les derniers recours tentant de contrer les permis délivrés pour ériger le village carcéral à 1.200 détenus conçu par B2Ai et EGM Architecten au nord de Bruxelles. Les travaux peuvent, en principe, reprendre sans entraves. Côté namurois, l’établissement carcéral urbain plutôt mal vieillissant a bouclé les travaux de modernisation nécessaires. Après les ailes B et D, au tour de l’aile A.  

A la veille du congé estival, l’agence Belga annonçait le rejet par le Conseil d'État des tout derniers recours introduits contre les permis urbanisme-environnement accordés au projet de méga-prison à Haren, dans le nord bruxellois. Un PPP de type design-Build-Finance-Maintain à 1 milliard € vise en effet les prisons de St-Gilles, Forest et Berkendael par un village carcéral novateur de 106.000 m2 (écho Dame Themis soulève le bas’>FA web) érigé hors centre urbain. Avec 1.190 détenus, ce sera le futur plus grand établissement pénitencier du pays.

A l’annonce du rejet des derniers recours, le ministre de la Justice sortant (en affaires courantes comme ses collègues du gouvernement Michel I), le CD&V Koen Geens (CD&V), et le maître d’ouvrage, la Régie des Bâtiments, n’ont pas caché leur entière satisfaction. Exécuteur du marché public DBFM à 1 milliard €, Cafasso consortium ((Denys, FCC Construcción, Macquarie Capital) peut donc reprendre et poursuivre les travaux même si les opposants à la superstructure n’en démordent pas et examinent déjà les moyens juridiques éventuels pour contrer leur reprise.

A Namur aussi

Sur un site de 15 ha, Haren comprendrait 14 unités distinctes: prison hommes, institutions fermée et ouverte pour femmes, hôpital, unités d’observation et psychiatrique, centre médical et centre visiteurs, atelier travail-éducation et complexe sportif. Le consortium privé Cafasso est détenteur d’un contrat prévoyant la prise en charge des dessins des plans, construction, financement des travaux et maintien du complexe en bon état. Conçue par B2ai et les Néerlandais d’EGM Architecten, cette méga-prison devrait être opérationnelle pour le printemps 2022. Les travaux préparatoires – keelbeek dévié, assainissements et terrassements, désamiantage – eux avaient débuté à l’été 2018. Les travaux de fondation ont démarré début 2019.

A Namur cette fois, il s’agit d’un tout autre chantier qui vient d’être bouclé dans cet établissement en étoile à quatre branches à la conception remontant à la fin du XIXe siècle: les travaux de modernisation des ailes B et D (ex-femmes) – véritables chancres – de la prison de Namur située à proximité immédiate du quartier de la gare namuroise. Tout y est repensé et modernisé, des couloirs aux 59 cellules équipées chacune de sanitaires, portes ignifuges et crochets anti-pendaison. Mais aussi bureau des agents, châssis, double vitrages et caillebotis extérieurs, carrelages comme sécurité caméras, parlophones et enceintes diffusion, circuits, tableaux électriques et éclairages led.

Des lits superposés et meublent intégrés équipent des cellules conçues désormais pour duo. On y trouve téléphone à accès strictement réglementé et ordinateur sans accès web (cours à distance, usage administratif, commandes cantine). L’aile B centrale comporte aussi une série de locaux supplémentaires multifonctionnels: sports, classes, activités communes. A Namur, les détenus se forment en effet à l’impression 3D, la cuisine, l’électricité, …. Egalement rénovée en profondeur, l’aile D autrefois délabrée accueille elle les détenus «travailleurs».  Au tour, très bientôt, de l’aile A au chantier à boucler en 2020.

© B2Ai+EGM Architecten

Par Philippe Golard

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