Melting-pot sectoriel

 
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Liège, hauteurs mosanes, Annevoie, Amay, Ath


La semaine écoulée, l’actualité architecturale et patrimoniale a été riche, de bonnes et moins bonnes nouvelles, surtout en pays liégeois et sur les hauteurs mosanes. Ainsi, dans la plus grande discrétion, l’un des grands architectes belges – le Liégeois Charles Vandenhove – est décédé à 91 ans. Côté patrimoine, Annevoie retrouve ses atours originels d’ici fin 2019, tandis que d’autres perles patrimoniales sont également à la fête.  

L’architecte liégeois Charles Vandenhove est décédé mercredi 23 janvier dernier, à 91 ans, actu ouvrant ce melting-pot sectoriel. On lui doit une œuvre publique majeure, le CHU de Liège au Sart Tilman, chantier de plus de deux décennies, débutée en 1962. Sise en contrebas du campus universitaire, cette «machine à guérir idéale» est constituée de cinq tours en étoile reliées par une immense pyramide de verre en leur centre, aux bâtiments décorés par des plasticiens comme Buren et Salomon LeWitt. Installé à l’hôtel Torrentius XVIe siècle de Liège-centre, cet architecte post-moderniste s’abreuvait à la fois chez Auguste Perret (Le Havre; Focus Archi14, pp.22-23), Le Corbusier et Gio Ponti (rétrospective>Musée des Arts décoratifs-Paris jusqu’au 5/5/2019).

Bijoux exceptionnels du patrimoine wallon, Annevoie et ses 12 ha de jardins d’eau uniques en Belgique ont quitté le giron très controversé de l’homme d’affaires Stéphan Jourdain au printemps 2017. Les lieux ont été acquis par les Loumaye, établis naguère à Genève, et qui doivent leur fortune à l’industrie pharma. Depuis, une vaste campagne de restaurations est en cours en Namurois, à boucler d’ici fin 2019. La maîtrise d’œuvre globale en a été confiée à l’Atelier Arc Architecture et Patrimoine de Romuald Casier, spécialiste de l’architecture intégrée (Corse, Seneffe, Colonster et Hainaut). Elle vise château, dépendances et enveloppes traités dans leur jus d’origine du XVIIIe siècle: badigeons à la chaux jaune pâle, enduisages et restaurations stucs-pierres de taille-moellons.

Melting-pot, suite

La maîtrise globale s’occupera également du traitement pavé XVIIIe de la cour d’honneur, et des orangerie, porterie et mur renard. Parallèlement, buffets et pièces d’eau comme canalisations sont également rénovés, chantier s’étalant sur plusieurs années. De son côté, fortement remaniée par la suite et classée, Maison Près la Tour – la plus ancienne bâtisse de Huy datant des XIII-XIVe siècles – est abandonnée depuis deux décennies. Un récent PPP lui imprime une nouvelle vie, sous forme d’un  complexe culturel qui réunira petit théâtre, salle de musique et logement de fonction sous toiture. Spécialisé en patrimoine exceptionnel, le cabinet p.HD y pourvoit avec création d’une liaison-promenade avec les jardins du Couvent des Frères mineurs.

Conditionnant le dépôt de permis, le certificat de patrimoine vient d’être délivré par la Région wallonne à cette Maison Près la Tour récemment vendue pour l’€ symbolique. A Amay, balise des hauteurs mosanes, l’ancienne église d’Ombret vient de faire l’objet, par un jeune passionné du cru, d’une vidéodoc sur YouTube (9’ 53’’). Après 40 ans d’abandon, l’édifice aux fronton avant et grotte voisine conservés va être transformé en logements moyens. Il vient d’être acquis par un Hutois entrepreneur pour 75.000 € plus frais. Les actes seront passés mi-printemps. Exit le projet de lofts luxueux avec piscine pour redonner vie au lieu désacralisé. Autre projet de revitalisation: le musée de la pierre à Ath-Maffle (AA Argos), en Wallonie picarde. Il vise à réaffecter l’aile droite de la maison du maître de carrières tout en créant une vaste extension perpendiculaire pour y moduler au mieux les nouveaux espaces.

©  Atelier Arc; D.R. RTBF

Par Philippe Golard

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