Paris-Saclay, envergure mondiale

 
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Saclay, campus urbain et 5 millions de m2


Très étonnamment, la France ne compte que trois de ses universités dans le top 100 des établissements de rang mondial, établi par le classement ‘Shanghai’. Dans le même temps, notre pays en aligne deux. Pour grimper à l’international, l’Hexagone pense avoir trouvé la solution en regroupant une partie de ses meilleurs campus, notamment à Paris-Saclay, plateau de 9 km2 à deux noyaux au S-O de Paris.

On en a presque trois, avec Gand, KULeuven et si l’on compte son pendant francophone de Louvain-la-Neuve encore récemment à la 101e place (écho ‘concentré d’intelligence’>FA web). Ranking plutôt appréciable des établissements universitaires belges dans le top 100 mondial, établi chaque année par le classement ARWU (Academic ranking of world universities) de Shanghai, référence absolue depuis une décennie et demie. Les Anglo-Saxons y sont les rois; les Etats-Unis, impériaux, y placent 46 universités sur les cent premières places. Dont Harvard (1er), Stanford (2e), le MIT (4e) ou encore Berkeley-Californie (5e). Dans le même temps, la France n’en compte que… trois: la Sorbonne, Paris Sud et la fameuse Ecole normale supérieure, fabrique parisienne à Nobel formant également beaucoup d’élites administratives et politiques.

De Rem Koolhaas à Renzo Piano

Pour densifier leur présence à l’international, nos voisins caressent l’idée de regroupements depuis une décennie. Les Français ont confié le masterplan de l’un de ces pôles d’excellence d’envergure mondiale au bureau d’architecture belge XDGA (Xavier de Geyter Architects). A deux noyaux (ZAC Moulin et Polytech), les quelque 5 millions de m2 à venir de Paris-Saclay – Polytechnique est sur place depuis 1976 – éliront domicile sur le plateau éponyme, fief R&D (vidéo YouTube 3’40’’) depuis quelques décennies au sud-ouest de Paris. Rem Koolhaas et OMA viennent d’y boucler école d’ingénieurs Centrale sup élec et labos scientifiques. Traitée en open space, transformable en lieu festif nocturne, cette univ’ urbaine dispose d’une rue principale intérieure traversant le bâtiment en diagonale et a été couronné d’un prix spécial 2017 du jury des ArchiDesignClub Awards. 

Totalisant 9 km2, les lieux doivent accueillir à terme un archipel universitaire et une vingtaine de grandes écoles cernés par labos, entreprises high-tech et innovantes, techno-centres, start-up, licornes diverses et R&D intégrant les productions scientifiques des CNRS-CEA (Centre du Commissariat à l’énergie atomique) dont le pôle neurosciences de 17.000 m² (vidéo YouTube; 8’ 10’’) est signé par Dietmar Feichtinger + Celnikier & Grabli architectes. Outre OMA, de grands bureaux d’architecture y phosphorent, dont Grafton Architects ou Sou Fujimoto Architects associé à OXO Architectes et DreamArchi. Le studio Muoto y a ainsi réalisé Le lieu de vie – Equerre d’argent 2016 – rassemblant derrière ses verre-béton resto universitaire, salle de spectacle, locaux associatifs et terrains sportifs en toiture. De son côté, RPBW Architects de Renzo Piano a livré l’ENS Saclay à quatre unités, 64.000 m2 et parc d’1 ha. Les premiers ensembles d’habitations, dont une résidence signée Bruther+Baukunst, et enseignes commerciales sont attendus pour la rentrée 2019.

©  OMA; Grafton Architects

Par Philippe Golard

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