Tour verte pour Toulouse la rose

 
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Bel objet verre-béton végétalisé, signé Libeskind


Jusqu’à la fin des années 70, Lyon – ancienne capitale des Gaules et 3e métropole de France – ne possédait aucun gratte-ciel en hyper-centre. Puis le Crayon est apparu pour signaler la présence d’un quartier décisionnel à Part-Dieu, près de l’aéroport éponyme. Depuis, plusieurs congénères l’ont rejoint. Toulouse a longtemps partagé cette particularité. Occitanie, gratte-ciel de 153 m au permis tout juste accordé, va changer l’aspect de la ville rose chantée par Nougaro.

En 1977, Lyon accepte sa toute première tour contrastant le paysage plane de la ville à la confluence des Saône et Rhône, encadrée par les collines de Fourvière et la Croix-Rousse. Côté aéroport, rapidement rebaptisée tour du Crédit Lyonnais (et surnommée le Crayon) qui l’a longtemps occupée, la tour tertiaire Part-Dieu du cabinet US Araldo Cossutta & Associates signale la présence d’un nouveau centre décisionnel. Celui-ci entend matérialiser un axe virtuel jusqu’à sa banlieue Est de Villeurbanne et son fameux quartier des gratte-ciel érigé en guise de centre urbain sur 7 ha, inspiré des aînés nord-américains de l’entre-deux-guerres et, curiosité, agencé autour de logements publics.

S’il s’agissait de l’unique gratte-ciel lyonnais pendant plus de trente ans, Part-Dieu aux quasi-165 m n’en constituait pas moins le plus haut gratte-ciel hors île de France, affichant un peu plus de 78.000 m2 dont un peu moins de la moitié en bureaux. Depuis 2010, l’objet cylindrique surmonté d’une pyramide de verre a été flanqué d’une jumelle proche, TO2 Oxygène (Arte Charpentier Architectes), culminant à 115m. En 2015, le couple de circonstance a définitivement été dépassé par Incity (Valode & Pistre+AIA Architectes), tour à double peau ventilée surnommée Gomme et poussant son sommet cette fois jusqu’à 202 m, sur feue sa congénère UAP abandonnée à son sort depuis vingt ans.  

4e, pourvue aussi 

Quatrième ville de France, Toulouse, la ville rose avec laquelle Claude Nougaro entretenait des rapports d’amour-haine avant de lui consacrer une chanson restée célèbre, a longtemps été également dénuée de gratte-ciel. Cette situation appartiendra bientôt à un passé révolu. Un permis de construire vient en effet d’être accordé pour ériger la Tour Occitanie, signée par le bureau américain Daniel Libeskind (centre congrès Mons).

Ce gratte-ciel sera végétalisé et s’élèvera à 153 m pour incarner la signature architecturale de la Ville rose européanisée, avec divers programmes immobiliers relevant du projet Toulouse EuroSudOuest (TESO). La Commission d’enquête publique a rendu son verdict peu après la mi-juillet sur ce premier projet d’aménagement tout proche de la gare de Toulouse, à livrer d’ici 2023. En verre-béton, Occitanie abritera 2.000 m² de commerces, 11.000 m² de bureaux, hôtel 4 étoiles, restaurant et bar panoramiques, plus de 100 logements haut de gamme.

© Studio Daniel Libeskind (Occitanie, Toulouse); Valode & Pistre (Incity, Part-Dieu/Lyon)   

Par Philippe Golard

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