Minuit moins cinq

 
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Architectes et responsabilité «climat»  


En réalité, un réchauffement climatique semblant insignifiant de prime abord d’1,5 à 2°C du seul globe terrestre à notre disposition signifierait la remise en question pure et simple de son habitabilité. C’est la thèse du GIEC-agence ONU climat et de nombre de climatologues et scientifiques d’envergure mondiale comme le Belge Jean-Pascal van Ypersele que Focus Archi a rencontré pour un dossier spécial architectures climatiques, tout juste paru.  Architectes, ingénieurs, métiers et secteurs associés ont en effet un rôle crucial à jouer dans l’impérative et radicale marche à rebours à mener d’ici 2030-50.

«La maison brûle et les pompiers regardent ailleurs», soutient notre climatologue Jean-Pascal van Ypersele (ULouvain), sommité mondiale en matière de dérèglements climatiques et candidat au prochain mandat de président du GIEC. Les scénarii émis par le rapport spécial de l’automne 2018 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) confirme dérèglements climatiques en cours et spectaculaires impacts et effets non désirés d’un réchauffement planétaire du seul globe terrestre à notre disposition.

A politique inchangée, un réchauffement d’1,5°C à 2°C ou davantage signifiera notamment des augmentations substantielles en fréquence ou en ampleur d’«événements météorologiques extrêmes ou singuliers, plus graves et plus répandus.» Depuis l’ère préindustrielle, «nous utilisons l’atmosphère comme une grande poubelle gratuite des gaz à effet de serre (GES) : principalement le CO2, mais aussi méthane, gaz fluorés, oxydes nitreux, résume Jean-Pascal van Ypersele. Il faut absolument en réduire drastiquement les émissions jusqu’à ce qu’elles soient nulles vers le milieu du siècle. A défaut, l’habitabilité de la terre serait remise en question.»

Solutions

Menacées par ces phénomènes météo extrêmes, nombre de villes américaines s’arment de plans de résilience comme «Big U» à NYC (BIG+consorts). Boston, Miami, San Francisco et d’autres mégapoles américaines lancent également de vastes enquêtes, appels à projets et concours d’architecture pour bouleverser leurs planifications urbaines et dégager des solutions pérennes. Dans Lower Manhattan, ce projet BIG U lance un vaste filet de protection structurel de la 54e rue au sud de The Battery jusqu’à la 40e rue à l’Est, soit 16 km continus de reliefs de cette zone urbaine extrêmement dense et… vulnérable. Sur une bonne partie de ses 67 km de littoral bordés par la mer du Nord, la Flandre (masterplan ‘sécurité côtière’) fait pareil, tout aussi visée par les dérèglements climatiques.

Ailleurs, à l’intérieur du pays, architectes, concepteurs planificateurs, développeurs et métiers associés phosphorent pour trouver des solutions aux dérèglements climatiques. Ainsi à Bruxelles, le projet Bota Solar traite un immeuble existant des années 70 rez+8 face au quartier Nord ‘Manhattan’ bruxellois en l’équipant d’un portique solaire de 800 m2. Ses signataires Sunsoak et Ney & Partners entendent ouvrir la voie du renouvelable sur site existant. Ses profilés photovoltaïques sont fixés sur partie haubanée. Le verre feuilleté trempé à utiliser a été fabriqué spécialement en Belgique. Notre dossier spécial de 7 pages à lire dans Focus Archi 21.

©  Sunsoak+Ney Partners (Bota Solar); Ph. G. ; D.R. Vlaams Overheid (Littoral belge)  

Par Philippe Golard

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