Au vert, partout sur le globe

 
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Le printemps frappe à la porte. En prélude, avec l’architecte paysagiste Jean Philippe Teyssier, Arte et Bo Travail (re)visitent l’architecture des poumons verts emblématiques de Freÿr chez nous, à Muskau et ailleurs.

Villes-nature

On connaît les modèles en vogue durant des siècles du parc à l’italienne et du jardin classique à la française (Le Nôtre, Lebrun…) s’en inspirant, jusqu’à l’approche plus naturelle, plus romantique, des jardins à l’anglaise. En ces mois de mars et avril, la chaîne franco-allemande Arte et Bo Travail ! laissent entrevoir, en coproduction, une bien plus grande diversité encore à l’œuvre aux quatre coins d’Europe en reprogrammant la saison 2016 de Jardins d’ici et d’ailleurs (20 x 26’). Avant, pour saluer la venue du printemps à leur manière, de livrer la nouvelle saison 2017 cette fois aux quatre coins du globe.

De parcs en jardins, de paysages ordonnés ou non en compositions savamment agencées, de lisières et charmilles en ronds-points potagers, massifs, parterres, bassins, jets et buffets d’eau, cette architecture paysagère a son propre vocabulaire. Et autant de points de vue esthétiques particuliers, parfois très singuliers. En témoignent les 40 épisodes successifs, dont seulement quelques-uns ont déjà été diffusés. Ainsi, à Lyon, les frères Bulher conçoivent le parc public de la Tête d’or (105 ha) mi-XIXe siècle sur l’idée d’introduire la nature en cœur de ville. So british ! Le duo se joue des terres marécageuses en y creusant un lac de 16 ha, et multiplie les plantations d’essences diverses, de ginkgos biloba aux cyprès chauves.

Décors habités

Ici en Namurois, le château de Freÿr côtoie des forêts et falaises vertigineuses aux à-pics sculptés par la Meuse. Au cœur du site naturel, la fière bâtisse est entourée de jardins sculptés, dessinés à la Le Nôtre par Guillaume et Philippe de Spontin-Beaufort et restaurés par le baron-architecte Francis Bonaert. L’ensemble doit sa tête - sa longévité - à son exceptionnelle orangerie et ses fruits délicats qui l’épargnèrent de l’éradication à la Révolution française.

La série 2016 nous promène aussi au Jardin botanique d’Edinbourg, dans l’indiscipliné wild garden de Gravetye (Sussex, sud de l’Angleterre) conçu par William Robinson, architecte d’extérieur irlandais rétif à la géométrie. La promenade buissonnière se poursuit à l’Alcazar (Séville, Espagne) aux influences mauresques, renaissance et gothiques. Mais aussi dans une petite dizaine de poumons verts outre-Quiévrain, au Portugal, dans un loch écossais influencé par le chaud gulf stream, aux Pays-Bas et même à la frontière entre Allemagne et Pologne, dans le parc public idéal du prince- paysagiste Hermann von Pückler. La série 2017 est plus cosmopolite encore, de l’Indonésie aux Etats-Unis et Maroc.

Diffusion de la série ‘Jardins d’ici et d’ailleurs’ saison 2 du 20 mars au 14 avril à 18h30 sur Arte, chaque épisode précédé par deux numéros de la saison 1

© Bo Travail !/Arte

Par Philippe Golard