Chiens robots et fauteuils roulants IA

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Techs et innovations grand public à 351 milliards €


Dans son quotidien et ses espaces publics, notre pays semblé timoré et rétif à traduire les avancées en technologie de pointe. Ainsi, par exemple, seules deux communes utilisent actuellement en test des shuttles autonomes électriques, sans chauffeur. Un tel métro n’apparaîtra dans l’Est bruxellois au mieux qu’en 2028-30. Ailleurs dans le monde, la donne est tout autre. 

Dans l’Est bruxellois, le métro monotube encore très controversé sera automatique, sans pilote. Las, il ne sera pas une réalité avant 2028-30 (écho > FA web). En matière de shuttle électrique-navettes sans chauffeur guidés par GPS et capteurs Lidar, seuls Waterloo et Han-sur-Lesse en sont pourvus pour l’heure, à vocation purement touristique, respectivement le circuit Mémorial 1815 de 2,4 km et un parcours grottes depuis la rentrée 2018. Ailleurs, la donne est tout autre, la technologie est parfaitement maîtrisée comme France et Suisse disposant de petites lignes électrifiées automatiques. Ailleurs dans le monde, on en est aux chiens robots livreurs de colis (Allemand Continental) via des tournées minibus CUbE, voitures à pieds extensibles pour terrains accidentés (construction sud-coréenne Hyundai) et fauteuils roulants à intelligence artificielle (IA) dictant vitesse et direction, et convertissant surtout les expressions faciales en mouvements (start-up brésilienne Hoobox Robotics).  

Chaque année en début de mois de janvier, sur près de 270.000 m2, le salon Consumer Electronics Show abrité au centre de congrès/salons LVCC de Las Vegas/Etats-Unis – en phase d’extension d’ici 2021 signée TSK + Simpson Coulter studio, CSD Architecture et KME Architects  – est La Mecque du secteur des technologies grand public, la scène mondiale des innovations. Et ce depuis 1961. Le secteur représente environ 351 milliards €. Ainsi dans la chronologie des jalons techs peuplant nos quotidiens, l’enregistreur vidéocassette est apparu en 1970, le lecteur de disque laser quelques années seulement plus tard, la technologie audio numérique dès le début des années 90. La radio satellite a bouleversé l’éther en 2000, la HD en 2004. Tablettes, netbooks et Android sont apparus en 2010. Depuis, la presque dernière décennie foisonne, entre télés connectées, tablettes et imprimantes 3D, techs portables réalité virtuelle et systèmes non habités. 

Uber-apéro

Libramont et Bastogne – seule ville belge de plus de 15.000 habitants qui n’a pas accès au train – s’étripent pour savoir s’il faut rouvrir ou pas la ligne SNCB 163 desservie par des bus TEC. Pendant ce temps, l’architecte italien Carlo Ratti (CRA) vient de concevoir le café-bar robotique «Guido» («je conduis» en italien) sans chauffeur, réalisant bientôt des cocktails à discrétion et à la demande pour des citadins où qu’ils se trouvent en milieux urbains et périphéries éloignées. Guido réalise cela à l’aide d’une unité à deux bras mécaniques montée sur une plate-forme de shuttle automatique aux allures de foodtruck un peu futuriste. Il s’agit en réalité d’un développement de la machine à cocktails robotisée grand public Nino jouant du shaker à l’aide de 170 bouteilles d’alcool stockées dans son panier supérieur. Carlo Ratti Associati a simplement associé barmans robots et technologies de systèmes mobiles «du futur».     

Les clients potentiels n’auraient qu’une simple app’ à utiliser pour amener Guido là où ils se trouvent et commander leur boisson préférée sur le pouce, un Uber de l’apéro à la demande. Le système scannerait systématiquement l’identité des clients pour vérifier leur âge (>18 ans) tout en leur permettant de régler l’addition avec leur téléphone portable. Geek des mobilités autonomes, Ratti tente de mettre au point depuis janvier 2018 un concept de système routier intelligent (Anas smart road) qui mettrait en branle des essaims de drones surveillants de circulation, détecteurs d’accidents et fournisseurs) de premiers soins. D’autres développent déjà des chiens ou grooms robots, ou encore des drones postiers-livreurs. Pauvre B., comme se plaisait déjà à dire Baudelaire en 1864.

© Carlo Ratti Associati (café-bar automate); A.M. TSK & consorts (LACC)

Par Philippe Golard

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