Des ‘granges’ habitées

 
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Rappelant briqueteries et grandes fermes carrées d’antan, les longs volumes résidentiels de Pic au Vent ont fini par former l’éco-quartier éponyme, chaussée de Douai à Tournai. Ou comment réinventer le vivre ensemble.

Frappé par la crise énergétique des années 70, voilà une décennie et demie que le duo d’architectes Eric Marchal et Quentin Wilbaux (bureau 36°8) - stagiaires du maître Luc Schuiten (maison solaire > Overijse) - planche sur l’envolée des prix, la raréfaction de l’espace disponible pour bâtir et la préservation des paysages. Pour eux, en zone périurbaine ou semi-rurale, l’habitat groupé est la solution. Elle est singulièrement illustrée par leur réalisation à Tournai au lieu-dit poétiquement baptisé Pic au Vent Girouette (1,78 ha ; visite virtuelle en 3D ici), selon un plan orthogonal en référence aux grandes fermes carrées d’antan.

Dans les quatre ensembles à venir voisinant la N508, toutes les maisons sont mitoyennes - problèmes acoustiques réglés - et construites autour d’espaces et de jardins collectifs, entretenus en commun. Deux champs de panneaux solaires occupent les longues toitures en pans symétriques de tuiles sombres qui servent à produire l’eau chaude en commun. Celle-ci est distribuée ensuite maison par maison. Pareil pour les eaux pluviales et leur stockage en citerne collégiale. Une première phase prévoyait l’érection de 20 maisons-patios ; une seconde, 14 maisons avec placette, salle de quartier et mini-gîte mutualisé (4 lits d’amis).

Tout en courbe

Preuve du succès de cet éco-quartier durable et au standard passif (énergies > 15 kW/m2/an ; étanchéité à l’air ; VMC, ventilation mécaniquement contrôlée) où tester de nouvelles façons de vivre en commun : ses promoteurs en sont déjà en phase 3, avec la création de 8 maisons-balcons rétablissant le principe du bel étage.

Ces nouvelles constructions allongées encadrent un grand espace commun arboré. Côté nord-ouest, une quatrième et dernière construction prend l’aspect d’une grande courbe végétale. Incurvée tant en plan qu’en élévation, elle ferme l’espace commun des maisons-jardins aux dimensions et organisations variées en les couvrant d’une façade verte persistante côté parc.

© Bureau 36°8

Par Philippe Golard