Des tours ‘bois’ poussent partout

 
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Nouvelle rage du moment : construire le plus haut possible, en se servant principalement de… bois massif, de Melbourne-Australie à Londres et des villes moyennes chez nos voisins. Chez nous, nos réalisations ne dépassent pas jusqu’à présent 5 étages...

D’Australie au Canada, de France (Bordeaux, Nice, …) à la Scandinavie, les architectes rejouent désormais au jeu de la plus haute tour de la planète. Mais cette fois à structure bois, autour d’un noyau subsistant en béton. Car, pour l’instant, l’art de bâtir en ce matériau a encore besoin de l’assistance technique des autres matières. Les constructions du genre se multiplient en Europe et hors-Vieux Continent, poussées dans le dos par les besoins impératifs de densifier villes et métropoles.

Outre-Quiévrain, Bordeaux s’apprête à remporter le pompon à l’horizon 2020 avec deux projets voisins, les plus grandes tours bois de la planète dans l’état actuel des connaissances. Dans le nouveau quartier de la gare LGV St-Jean, Hypérion et Silva - respectivement des bureaux Jean-Paul Viguier et studio Bellecour/A&B - monteront jusqu’à 18 étages, l’un à 57 m, l’autre à 50. Ce duo surplombera 740 ha d’anciens quartiers populaires et 2,2 millions m² à aménager des deux côtés de la Garonne. C’est l’un des plus grands chantiers urbains français en cours.

Record à battre

Au sein d’une programmation de 3 immeubles, la tour-campanile Silva à 80 % en bois sera un condensé des meilleurs systèmes constructifs bois du moment, associant un système de poteaux-poutres en lamellé-collé avec planchers CLT pour la structure, et des enveloppes en ossature bois de type mur manteau. Aux deux tiers en bois français, Hypérion sera aussi agrémenté de deux bâtiments en corolle. Ici, le noyau central de distribution et les 3 premiers niveaux seront en béton, pour assurer la stabilité aux vents. Cette colonne vertébrale sera enrobée d’une ossature bois en poteaux-poutres bois lamellé-collé.

La concurrence n’a pas dit son dernier mot. Hors Europe et UK (projet PLP architecture > Oakwood Tower qui culminerait à 300 m ; Londres), la résidence étudiante Brock Commons sera livrée cet automne à Vancouver/Canada. Ses 18 étages -comme à Bordeaux- se nichent ici au cœur de l’Université Colombie-Britannique, réalisation signée par l’architecte autrichien Hermann Kaufmann + Acton Ostry Architects. Avec HoHo et ses 24 étages, l’Autriche pourrait se glisser sur la première marche du podium grâce à Rüdiger Lainer + Partner Architekten ZT GmbH. Holzhochhaus culminerait en effet à 84 m à Vienne dès 2018. Pour faire le tour de ces projets et bien d’autres, Focus Archi a décidé d’y consacrer un dossier fourni et abondamment illustré, à lire dès fin mai dans le numéro 13 (à lire aussi en ligne). Avec, également, le point sur ce qui se fait (et ne se fait pas) dans ce domaine en Belgique.

© JPVA (Hypérion) ; Studio Bellecour/Art & Build (Silva) 

Par Philippe Golard

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