Mobilités partagées, vent en poupe

 
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De l’électrique partout, du ciel aux trottoirs 


A atterrissage-décollage verticaux, l’avion-taxi électrique commercial, c’est pour demain, passant enfin de la planche à dessin au ciel azur. Permettant théoriquement le transport de porte à porte, des engins comme le Lilium Jet, le Vahana d’Airbus et ceux de Rolls-Royce ou Aurora Flight Sciences (filiale Boeing) devraient équiper diverses grandes villes dans le monde dès 2025. Les pourparlers sont en cours. Pendant ce temps, Bruxelles,  Namur et Jambes s’ouvrent toujours davantage à la mobilité en deux-roues, électrique et partagée.  

Caressant les mêmes ambitions que Boeing NeXt (division mobilité aérienne urbaine du géant aérospatial US) testant actuellement un drone autonome électrique en Virginie/Etats-Unis, une start-up germanique vient de dévoiler son prototype de taxi aérien aux 36 réacteurs électriques, conçu pour 5 passagers. Un vol inaugural du Lilium Jet a eu lieu au début du moi de mai. Un deux places avait déjà essuyé les plâtres en avril 2017. D’ici 2025, l’engin futuriste devrait être totalement opérationnel dans diverses villes du monde. Les pourparlers sont en cours. Sans queue ni gouvernail ni hélices ni boîte de vitesses, le bimoteur proposé est conçu pour les déplacements éco-aériens urbains silencieux, à une vitesse de pointe de 300 km/h, disposant d’une autonomie de 300 km contre 80 pour son rival américain.

Avant de passer en vol horizontal, le taxi des airs teuton décolle et atterrit verticalement. Le Lilium Jet (GIF) s’appuie sur la portance générée par son aile fixe pour rester en suspension, réduisant d’autant la quantité d’énergie nécessaire. Les futurs passagers pourront utiliser l’app’ Lilium pour localiser une aire d’atterrissage à proximité de chez eux, à l’instar de services comme le géant Uber aux 10 milliards de trajets annuels, créé en 2009 et coté en bourse depuis peu (valorisé à 81 milliards €; la plus grande entrée de 2019) ou Lyft. Le prix d’un trajet devrait s’approcher rapidement de celui d’un taxi ordinaire, avec l’avantage décisif d’être quatre fois plus rapide, pour illustrer un «monde où n’importe qui peut voler n’importe où et n’importe quand»

Petites reines, ici

On ne devrait pourtant pas encore apercevoir de Lilium Jet ou Vahana d’Airbus, de voitures volantes du Britannique Rollys-Royce ou de drones-taxis d’Aurora Flight Sciences (filiale Boeing NeXt) dans le ciel belge à cet horizon. Nos latitudes plus terre à terre semblent, pour l’heure, plutôt abonnées à la guerre larvée des deux roues partagés: Villo électriques dès juin, Billy Bike, Uber, Li Bia vélos, Bird, Lime, Troty, Scooty,…. Comme d’ailleurs aux trottinettes électriques disponibles 24h sur 24, garées à discrétion, parties désormais à l’assaut des pavés de Bruxelles, Namur et Jambes. Ou encore gyro- et mono-roues ou hoverboards privés se concurrençant pavé, pistes et trottoirs.

Ainsi 150 exemplaires Lime vont gagner trottoirs et artères de la capitale politique wallonne (location à la minute via app’ Flash ou Lime). Dès ce 1er juin, le Code de la route intègre à ce propos de nouvelles dispositions pour ces nouveaux modes de mobilité urbaine. Même si le port du casque n’y sera toujours pas obligatoire malgré le premier accident mortel intervenu mi-mai à Bruxelles. En cas de dépassement de la zone strictement délimitée, après alerte, le conducteur occasionnel ou régulier est mis à l’amende.

© Lilium (taxi aérien); Ph.G. (trottinettes électriques)

Par Philippe Golard

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