Station Aurora, hôtel de luxe

 
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Si vous voulez en être, mobilisez 7,2 millions €...


La colonisation martienne durable fait rêver beaucoup de firmes privées, dont celle d’Elon Musk en tête de gondole. L’une d’elles, Mars Space One du Néerlandais Bas Landorp vient pourtant d’être mise en faillite et en liquidation. Son modèle accusait trop de faiblesses. Pendant ce temps, la Nasa mobilise les architectes pour élaborer des habitats martiens crédibles, BIG conçoit une ville-simulation à Dubaï, une start-up texane imagine un hôtel spatial luxueux gravitant à 200 km au-dessus de nos têtes.  

A supposer que notre bonne vieille Terre ait besoin d’une planète de rechange au regard des prévisions climatiques aux allures toujours plus apocalyptiques, la solution ne proviendra pas de Mars Space One. Association de sociétés à but non lucratif, l’entreprise néerlandaise a en effet été déclarée faillie mi-janvier dernier et aussitôt mise en liquidation. Dès 2013, parmi de nombreuses autres organisations se consacrant à la colonisation martienne, la firme de l’«Elon Musk» batave Bas Landorp avait lancé un appel aux astronautes volontaires pour s’en aller coloniser la planète rouge.

Il s’était tout de même trouvé «200.000 volontaires» – mais le chiffre aurait été gonflé et multiplié par 100, évoquent certaines insiders qui ont retrouvé le chemin du micro depuis la faillite – pour ce voyage aller simple, sans retour, offert à une sélection de 4 candidats à concrétiser au plus tard pour 2023. Landorp avait prévu d’utiliser les fusées Falcon Heavy et Dragon développées par Space X, diversification d’Elon Musk, empereur de la voiture électrique Tesla. 

Scepticisme ambiant

D’ici 2030, Mars Space One prévoyait une colonie martienne de vingt personnes. Le modèle de financement participatif (crowdfunding) a échoué. Sur un budget à lever d’un peu plus de 5 milliards €, Mars Space One n’a levé que moins d’1 million € en 2016 sous forme d’apps, de droits de diffusion futurs et de merchandising (mugs commémoratifs, sacs «Nous allons sur Mars. Viens», …). L’année dernière, la Suisse Innovative Finance AG (Bâle) a racheté Mars Space One dans le cadre d’une fusion inversée et, pour lever force capitaux, a tenté de l’introduire en bourse à Francfort. Auparavant, communautés scientifique comme de l’exploration spatiale avaient largement exprimé leur scepticisme. Beaucoup avait prévu un échec cuisant: technologies inexpérimentées, défaut de soutien des futurs candidats astronautes, pas le moindre contrat signé avec l’industrie spatiale.

De son côté, la NASA a multiplié les étapes d’un concours de conception d’habitats martiens ayant recours à la technologie de l’impression 3D. Régulièrement, FA web et Focus Architecture (dossier «En avant Mars» > FA 14, pp.6-12) en ont rendu compte. Alors que le bureau scandinave BIG conçoit une ville simulant Mars à Dubaï, la start-up texane Orian Span prévoit d’ouvrir un hôtel spatial de luxe à 200 km au-dessus de Terre. Baptisée station Aurora (vidéo corporate, 1’01’’) et aux allures de mini ISS extensible, elle devrait ouvrir ses panneaux dès 2022. Après programme de certification préalable à Houston et un trimestre d’entraînements, tablez tout de même, par personne, sur 7,6 millions € l’escapade. Le séjour de 12 jours comprend apesanteur, gravitation et résidence.

©  NASA/Marsha; Orian Span

Par Philippe Golard

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