Bijoux de famille à vendre

 
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Se découvrir des… propriétés inconnues


Entité fédérée reliant Wallonie et Bruxelles, l’ex-Communauté française ne connaît pas tous ses biens hors enseignement. Au même moment, elle a décidé de vendre une partie de son patrimoine pour se refaire une santé financière. Valant parfois de petites fortunes, certains bijoux de famille lui sont inconnus, délaissés ou inoccupés. Conçus par des architectes célèbres comme Poelaert ou Cluysenaar, d’autres actifs sont même classés et encore occupés. Surtout à Bruxelles.

Compétente pour enseignement et culture, stratégiques dans un Etat tenté par le confédéralisme, l’ex-Communauté française est l’entité fédérée reliant Wallonie et Bruxelles (FWB). Malgré son quasi demi-siècle, elle ne dispose d’aucun cadastre ou progiciel unifié et concis de ses biens, terrains, occupations et locations. En ces temps de disette, des exonérations d’enrôlements et loyers sur conventions d’occupation se perdent régulièrement en route. La Cour des Comptes s’en inquiétait encore dans un récent 27e rapport. Cette situation n’est pas tenable, à terme, taisant notamment de justes valorisations probables et possibles.

En 2019, l’exigence d’un «inventaire exhaustif, actualisé, centralisé et fiable, des biens immeubles» n’est toutefois toujours pas rencontrée. Le «non scolaire» vise tout de même, pêle-mêle, infrastructures culturelles, sites-complexes-terrains administratifs et sportifs, bâtiments santé et aide à la jeunesse, parcelles non bâties, bois et pâturages divers. Conséquences? Sans en chasser ses occupants, la Direction générale des Infrastructures procède actuellement à la mise en vente de toute une série de biens, dont certains classés et bien situés. Par exemple, l’immeuble Leverhouse R+5 aux 7.000 m2 sis rue Royale, entre colonne du Congrès et ex-tour Finances de la Cité administrative.

Vers une Régie

Construits en style éclectique par les architectes Cluysenaar-Poelaert-Saintenoy, les lieux sont occupés par l’ISIB, formant des ingénieurs industriels. Son campus urbain est partagé avec un site à Anderlecht. Localisé à la plaine ULB-VUB (Etterbeek-Ixelles), à labos communs, châssis bois et façades en photovoltaïque noir, son futur domicile au sein du bâtiment E du pôle sciences et techniques est à la conception chez Samyn & partners (>Gsquare19, cover+pp.7-8). En l’absence d’inventaire digne de ce nom, la Fédération Wallonie-Bruxelles (ex-CF) se découvre dans le même temps des bijoux de famille/propriétés lui étant jusqu’ici encore inconnus. Tels des terrains valant bonbon à Uccle et Lasne, ou des bâtiments inoccupés depuis des lunes: internats, villas, …!

Egalement à l’encan, désormais: ancienne salle de cinéma et salles de réception à l’arrière de la galerie de Toison d’or rénovée (Porte de Namur), domicile partiel de la section théâtre/arts de la parole du Conservatoire royal (‘retrouver les ors du passé’>FA web); 4,5 ha d’anciens sites scolaires à Thuin et Antoing, terrain et maison de maître à Gosselies et Etterbeek. A prix cassés, leurs ventes rapporteraient déjà près de 14 millions €. L’exécutif de la FWB évoque l’éventualité de créer une Régie communautaire sur le modèle de la Régie fédérale riche de 7,3 millions m2 (‘Poelaert palais éternel’>FA web) dûment inventoriés. 

© Irismonument; Samyn & partners

Par Philippe Golard

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