Un Belge au Grand Palais

 
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77.000 m2 centenaires, à hisser au XXIe siècle


Erigé pour l’Expo universelle 1900 de Paris, le Grand Palais proche des Champs Elysées va être fermé jusqu’à l’approche des JO de 2024 de Paris. La rénovation à 466 millions € de l’immense paquebot Belle Epoque de fer-verre-acier sera pilotée par le Belge Chris Dercon. Le Lierrois a fait ses classes à New-York, Londres, Berlin et aux Pays-Bas, entre autres. Il est considéré comme l’un des meilleurs commissaires d’exposition d’Europe.

Après une solide formation en histoire de l’art à la prestigieuse université de Leyde (Pays-Bas), le  natif de la banlieue anversoise a été cadre supérieur en lieux d’exception, ou en a pris la tête. Chris Dercon fut ainsi le DA du MoMa PS1, l’un des plus anciens et grands musées exclusivement consacré à l’art contemporain aux Etats-Unis. De 2011 à 2015, le Belge franchit la Manche pour diriger la Tate Modern à Londres, au périmètre étendu imaginé par Herzog & de Meuron. Avant de rallier Berlin, pour s’y occuper de la destinée du Volksbühne, le premier théâtre berlinois construit en style «moderne». Depuis janvier dernier, celui qui est considéré comme l’un des tout grands commissaires d’expositions d’Europe a pris la tête de RMN Grand Palais Paris et du colossal chantier quinquennal de restauration, à la somme chavirante d’un demi-milliard €

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Proche des Champs Elysées et du palais de l’Elysée, résidence et lieu de travail présidentiels, l’immense paquebot Belle Epoque verre-fer-acier de 77.000 m2 a été érigé pour l’Expo universelle de 1900. Conçu par les architectes Charles Girault, Henri Deglane, Albert Louvet et A.-F. Thomas, il est le pendant du Crystal Palace de Londres. Le site va fermer de décembre 2020 au printemps 2023 (et juin 2024>Palais découverte) pour une rénovation à 466 millions €. L’été 2024 est un impératif puisque la grande nef doit accueillir les épreuves d’escrime des JO 2024 de Paris. Eliminant toutes les candidatures hexagonales, un Belge de Lierre va donc piloter le colossal chantier d’architecture de la structure dégradée.

Ce dossier était déjà évoqué au début de ce nouveau millénaire. Il avait fallu, huit ans plus tôt, en fermer la grande nef puis le monument lui-même dont la partie sud aux fondations sur pieux de bois s’était tassée par endroits de 17 cm… La ville de Paris est propriétaire du sol, l’Etat du bâtiment-vaisseau et trois ministères assurent la gestion. Pour un peu, on se croirait en Belgique. Plus lourde que la Tour Eiffel, la structure métallique du Grand Palais pèse 9.000 tonnes. Elle repose sur 3.400 pieux de chêne dans un sol rendu humide par la proximité de la Seine et d’une nappe phréatique jouant volontiers au yo-yo. Métamorphose architecturale et continuités spatiales surveillées par l’agence LAN comme redéfinition des missions y iront de pair, et l’ouverture au public du bâtiment pour lui-même via une rue des palais à créer, sur 2 niveaux.

© Grand Palais D.R.; Les Echos (portrait)  

Par Philippe Golard

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