Des entrées de villes plus urbaines

 
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Après Reyers, au tour du viaduc Herrmann-Debroux?


L’exécutif bruxellois a fait des entrées de ville un cheval de bataille, visant à transformer généralement ces bouts d’autoroute en boulevards urbains à espaces publics mieux partagés. Après le viaduc Reyers jouxtant la fin de l’E40, le prochain à passer à la trappe devrait être Herrmann-Debroux en fin d’autoroute des Ardennes, au sud de la capitale. De son côté, Namur rêve à son Enjambée, passerelle cyclo-piétonne mosane enfin disponible en août.   

A Bruxelles, les entrées de ville sont souvent des bouts d’autoroutes hérités d’une conception à la Manhattan des années 60, au tout à la voiture jusqu’en cœur de ville. Le plan «Manhattan» de Jos De Saeger, ministre des travaux publics à l’époque, prévoyait de les entrecroiser au cœur du quartier d’affaires bruxellois, à l’image des grandes métropoles fiévreuses des Etats-Unis. Six décennies plus tard, le gouvernement bruxellois inscrivait dans son plan régional de développement durable (PRDD)  

la mue des entrées de ville en boulevards urbains aux espaces publics aux fonctions davantage partagées.

Souvent, elles consistent en bouts d’autoroute: ex-viaduc Reyers surplombant la fin de l’E40 (Bruxelles-Liège) menant au quartier européen, pénétrante à huit bandes en fin d’autoroute de la mer, viaduc Herrmann-Debroux matérialisant les derniers km de l’autoroute des Ardennes E411. Le futur du développement territorial bruxellois est à l’humanisation des ces symboles urbanistiques. A l’entrée de Bruxelles à Schaerbeek, au voisinage des sièges RTBF-VRT, la fin de l’E40 est réduite d’une bande de circulation depuis début mai. Le viaduc Reyers a été rayé de la carte. Son homologue Herrmann-Debroux (35.000 quatre-roues/jour) pourrait être le prochain sur la liste.

Plan d’aménagements

En cette mi-mai, le gouvernement bruxellois devrait adopter en première lecture un projet de plan d’aménagement directeur (PAD) éponyme où figure la décision formelle de sa démolition, et le rapport d’incidences. Aucun calendrier n’est toutefois fixé mais l’économie du projet est d’y recoudre les rives de l’E411 autour d’un boulevard urbain contemporain depuis le célèbre carrefour Léonard, en forêt de Soignes. Composé de tissus urbains juxtaposés, son périmètre totalise 43,5 ha, en majorité sur Auderghem mais également sur Watermael-Boitsfort. Les réaménagements ou urbanisations futures concernent les sites de Beaulieu, le triangle Delta (extensions européennes et nouvel hôpital Delta) et son parking géant de dissuasion), Triomphe (campus ULB-VUB) et Demey.

Quant à la nouvelle passerelle cyclo-piétonne (’Grandes manœuvres en Namurois’>FA web; bureau Greisch) reliant Jambes à Namur, elle devrait être ouverte au public fin août prochain. Baptisée l’Enjambée, elle efface l’obstacle mosan à sa confluence avec la Sambre pour les usagers faibles de tout poil. Cette mise en service optimiste serait actée pour le 28 août. Corrections géométriques de la structure métallique, premiers travaux de peinture et pose des premiers éléments du garde-corps sur rampe sont acquis, côté rive jamboise, et pavage «à 80%» du halage en rive droite. D’ici fin août, le platelage doit encore être placé, comme amortisseurs et éclairage. Par la suite, l’Enjambée sera prolongée vers esplanade et port numérique (‘Namur 3.0 en vue’>FA web; BEE Architects+3XN) à créer avant fin 2020.

© D.R.; bureau Greisch

Par Philippe Golard

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