Google un peu plus wallon

 
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4 sites stockage données en Europe, dont Ghlin-Baudour


Le géant californien de la technologie numérique annonce 600 millions € supplémentaires pour doter son site de Ghlin-Baudour d’un quatrième centre données d’ici 2021. Ce site entre St-Ghislain et Mons a été le premier data center éco-énergétique au monde, refroidissant ses racks de serveurs grâce à un système de refroidissement par évaporation au départ d’eaux grises recyclées pompées dans le canal Nimy-Péronnes.

A ce jour, l’un des géants GAFA(M), la firme californienne Google spécialisée en services technologiques et au moteur de recherche leader mondial est basée à Mountain View dans la Silicon Valley (écho ‘Bytes, nouveau pétrole’>FA web). Ses extensions Googleplex ont été signées par BIG+Heatherwick Studio (dossier ‘Vertigineuses verticalités US’>Focus Archi n°19, pp.6-10). En Europe, les Californiens disposent de quatre centres données, lieux de stockage informatique pour les requêtes par milliards sur le moteur de recherche, les téléchargements vidéos à la minute, etc. Ceux-ci sont situés en Irlande (Dublin), dans le golfe de Finlande (Hamina) avec la reconversion de halls machines de Stora Enso (secteur papier) refroidis à… l’eau de mer, aux Pays-Bas (Eemshaven).

Et surtout en Belgique, à Ghlin-Baudour sud, en banlieue montoise, sur 90 ha d’un seul tenant équipé en fibre optique et ultra-sécurisé. Fin 2018, Google annonçait vouloir en construire un cinquième, dans l’ouest danois pour y profiter de l’approvisionnement du site en électricité sous forme durable. Quelque 600 millions € seront investis dans cette nouvelle infrastructure, qui doit ouvrir ses portes en 2021. Une demi-année plus avant, Google parle exactement de la même somme considérable pour ériger un nouvel data center, le 4e, à Ghlin-Baudour (vidéo YouTube, 24’ 31’’) alors que les travaux concernant le troisième sont encore en cours. Le géant US de la tech est présent dans notre pays depuis tout juste une décennie et aura donc déjà investi quelque 1,5 milliard € en banlieue montoise.

Eco-énergétiques

«Le numérique joue un rôle clé dans le développement économique local et la présence de Google s'inscrit dans une tendance plus large, car centres de recherche, universités et start-up travaillent ensemble pour tirer le meilleur parti des possibilités offertes par le numérique.», explique-t-on chez Idea, intercommunale hennuyère de développement économique (Centre-Borinage). Son core business historique est la distribution d’eau et la câblo-distribution. En 2009, Google a choisi un vaste site vierge mais viabilisé entre St-Ghislain et Mons pour y établir son premier data center éco-énergétique au monde. Il fonctionne en effet sans aucune réfrigération, y utilisant un système de refroidissement par évaporation hot huts, l’activité de conservation ‘données’ étant extrêmement énergivore côté racks serveurs.

Ce système recycle tout simplement les eaux usées grises du canal industriel Nimy-Péronnes tout proche et refroidit ses installations tout en réduisant spectaculairement ses consos d’énergie. L’année dernière, le géant américain décidait de construire une extension à 250 millions € ainsi qu’une centrale solaire de 10.665 panneaux sur 4 ha à l’entrée du site pour générer 2,9 GW/h par an d’énergies renouvelables propres. Ce troisième centre (constructeur ISG) sera opérationnel fin 2019. Des rumeurs un temps insistantes faisaient également état d’une installation concomitante de Google à l’Eco-pôle de Farciennes, qui n’occupe pourtant encore qu’un tiers de son zoning borain avec 4 DC et ses centrales solaire et d’épuration.

© Google, Photo news (vue aérienne)

Par Philippe Golard

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