L’assaut bois, tour ou campus

 
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CLT en vogue, de Strasbourg au Wiltshire


Outre-Quiévrain, Strasbourg s’est converti aux tours, singulièrement en bois. Epousant la même technique de lamellé-collé mais cette fois sur quelques étages seulement, un campus britannique dédié à l’ingénierie vient de se doter d’un village résidentiel pour étudiants. WilkinsonEyre l’a conçu à base d’unités modulaires préfabriquées revêtues d’alu en façades, placées en quinconce porte-à-faux et adossées à un talus.

Depuis 2017, la capitale désormais du Grand Est regroupant Alsace, Champagne, Ardenne et Lorraine a pris une certaine hauteur sur son versant sud en direction de l’Allemagne et de la Forêt noire. Deux immeubles de 56 m aux façades métalliques noir-bleu animent ainsi la presqu’île Malraux reconvertie, proche du centre-ville strasbourgeois. La conceptrice en est Architectures Anne Demians. Agrafes entre deux bouts de ville, les Black Swans voisinent une tour plus récente, de couleur rouge, achevée fin 2018. A l’intérieur, logements, hôtel de 120 chambres et près de 200 résidences étudiantes s’épanouissent sur quelque 40.000 m2. Une dizaine de commerces occupe les rez.

Identités résidentielles

L’ensemble fait partie de la reconquête publique de quelque 250 ha du quartier des Deux-Rives, naguère port autonome de la ville, abandonné pendant deux décennies. Logements, cinémas, un centre commercial, médiathèque, palais de la Danse et de la Musique y ont dompté l’herbe folle. Le quartier accueillera 20.000 habitants d’ici 2030, directement connecté avec la gare de Strasbourg et  Kehl, outre-Rhin. Depuis, Strasbourg compte aussi une tour de plus, bio-sourcée bois cette fois, de 12 niveaux et à 9.605 m². Culminant à 38 m, elle a été conçue par KOZ Architectes pour un coût de 14 millions €. Elle vient d’être livrée et est la plus haute de France, pour l’instant. Le surcoût des travaux est estimé à 20% par rapport à une construction traditionnelle, différentiel toutefois pris en charge par l’Etat français.

Outre-Manche, le bureau britannique WilkinsonEyre (écho ‘Etonnantes reconversions’>FA web) vient, lui, de créer des résidences étudiantes à identité plutôt marquée, en bois lamellé-croisé (CLT) aux solides qualités structurelles. A partir de modules préfabriqués, elles équipent le campus de l’Institut d’ingénierie et de technologie Dyson (Wiltshire) au Royaume-Uni. Revêtue d’alu imperméable et toit en sedum, chaque unité de 32 m2 est combinée à cinq autres modules en quinconce et porte-à-faux formant un village-campus sur talus chargé d’héberger étudiants de premier cycle et personnel en visite. En son cœur, fait d’acier léger et circulaire, un pavillon transparent aux deux cylindres empilés surmontés d’un toit pare-soleil y ajoute un agréable espace social étudiants only: café, bar, salle de conférences et espace d’étude.

© Architectes Anne Demians; WilkinsonEyre

Par Philippe Golard

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