Tournai change de gabarit

 
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Mue à 37 millions €; cofinancement UE-Wallonie


Feu vert pour la phase 4 des aménagements de la traversée de l’Escaut dans la cité aux cinq clochers. Les arches du pont des Trous vont être démontées et reconstruites en respectant leur aspect médiéval actuel. L’un des derniers goulets d’étranglement saute, permettant un meilleur maillage européen Seine-Escaut. 

Sur la liaison Seine-Nord Europe empruntant le Benelux, la mise à grand gabarit du fleuve scaldéen est impérative (écho L’Escaut empierré>FA web). Ponts et infrastructures divers doivent y être adaptés, tout en requalifiant les espaces publics proches entre ponts Devallée au sud-est et Delwart au nord-ouest (projet Scaldistournai). Traversé par l’Escaut, Tournai en possède deux d’envergure, le pont-à-Ponts et celui dit des Trous, en pierres du pays, classé et constituant l’un des derniers ponts militaires fluviaux médiévaux subsistants en Europe. Sur l’axe centre-ville/gare, Tournai s’enorgueillit d’un nouveau pont à Ponts aux finitions en cours.

Ce nouvel ouvrage à dominante acier va permettre la traversée de navires de 2.000 tonnes (classe Va), au passage élargi pour la navigation fluviale en intra-muros tournaisien. La mission stabilité-architecture-études de montage est due au bureau liégeois Greisch, en collaboration avec l’agence parisienne ANMA. Quelque 2,7 km d’espaces publics des quais du Tournai urbain sont également en cours de réaménagement. Le tour est enfin venu pour le Pont des Trous. Le 27 juin dernier, le fonctionnaire délégué de la Région wallonne a délivré le permis d’urbanisme concernant son réaménagement et ses abords.

Aspect médiéval

Le début du chantier va démarrer le 29 juillet prochain pour être bouclé avant fin 2020. Les travaux de déconstruction des arches – avant leur reconstruction conforme à leur aspect médiéval actuel – induiront une coupure complète de la navigation sur l’Escaut début août. Dans sa conception médiévale, l’arche centrale emblématique du pont des Trous empêche le passage des péniches standardisées à 2000 tonnes. Il s’agit d’un des derniers goulets d’étranglement sur les 450 km de voies navigables wallonnes, au cœur du maillage Seine-Escaut.

Le permis délivré autorise la déconstruction-reconstruction pour y permettre 12,5m de largeur et 7m de tirant sous l’arche centrale. Ce permis impose aussi une reconstruction respectant des contraintes patrimoniales et le rythme ternaire des arches, le maintien du caractère médiéval de l’architecture, la reconstruction d’une arche centrale homothétique à l’existante et le maintien de la largeur de la coursive existante. Le permis exige aussi récupération-réutilisation des pierres existantes et placement de lisses de guidage avec un alignement droit de 25m en amont et en aval de l’ouvrage d’art classé.

© Scaldistournai; Greisch+ANMA

Par Philippe Golard

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