Techniques de chauffage d’avenir

 
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En ce début d’année, l’ATTB ou Association pour les Techniques Thermiques de Belgique, donne un aperçu des tendances et défis dans le secteur des chaudières de chauffage, chaudières hybrides, pompes à chaleur et chauffe-eau solaires. La rénovation du parc de chaudières existantes se déroule trop lentement et les objectifs énergétiques ne seront pas atteints sans une stimulation par le biais de mesures supplémentaires. Le potentiel de communication du label énergétique européen doit être utilisé à meilleur escient. La migration vers un gaz naturel plus énergétique et le développement technologique d’une nouvelle génération de réseaux de chaleur offrent de nouvelles perspectives. Enfin, il convient de veiller à la qualité des modules de certification pour les installateurs et à l’harmonie entre les différentes organisations syndicales …


Le remplacement accéléré des chaudières demeure une nécessité

Cela fait quelques années que le secteur attire l’attention sur le fait que le renouvellement du parc de chaudières, qui vise le remplacement systématique des anciennes chaudières à basse température par des chaudières à condensation énergétiquement plus efficaces, se déroule beaucoup trop lentement. Le taux de remplacement a connu une augmentation progressive depuis les années nonante jusqu’à son summum en 2011. Cette progression commença à ralentir dès la suppression des avantages fiscaux en 2012 qui ne permettait plus aux consommateurs de récupérer une partie de leur investissement. En 2016 également, l’ATTB a constaté que le remplacement des chaudières a baissé de 11% par rapport à 2011. Le pourcentage d’anciennes chaudières à basse température qui chauffent nos habitations belges est déraisonnablement élevé. On estime l’âge moyen des chaudières de chauffage dans nos demeures à 20 ans et le nombre de chaudières à basse température autour de 65%. Une amélioration rapide et sérieuse de la performance énergétique du patrimoine habitable est indispensable pour atteindre une réduction substantielle de la consommation d’énergie domestique. C’est pourquoi il est nécessaire que les autorités prennent à nouveau des mesures de stimulation, par exemple dans le cadre du Pacte de rénovation en Flandre. Le secteur estime que pour atteindre les objectifs climatiques européens, le taux de remplacement devrait quasi doubler.

D’autre part, le secteur supporte les efforts fournis pour donner à l’énergie renouvelable une place dans la politique énergétique en soutenant les innovations technologiques dans lesquelles il investit, entre autres sur le plan des systèmes de pompes à chaleur et d’énergie solaire thermique.

Activer le label énergétique

Le label énergétique européen a été introduit fin 2015. Les réalisations n’ont pas été à la mesure des grands espoirs que le secteur avait basés sur ce label, même s’il crée pour les utilisateurs une transparence en ce qui concerne les valeurs énergétiques des installations acquises. Le secteur s’attendait en effet à ce que le label énergétique stimule la vente des appareils à grande efficacité. Bien que, par le biais de campagnes d’information, le secteur ait fait de sérieux efforts pour informer les installateurs et les consommateurs des avantages et motivations de ce label, il se doit de constater que dans la pratique l’impact fut très faible. Des efforts supplémentaires doivent donc être fournis en vue de sensibiliser non seulement les consommateurs mais aussi les installateurs à l’importance du label. Les installateurs doivent être encouragés à utiliser le label à des fins essentielles de communication avec les clients.

Passage du « gaz pauvre » au « gaz riche »

La Belgique prévoit de transformer le réseau de gaz naturel à faible pouvoir calorifique, dit « gaz pauvre », vers le gaz naturel dit « riche » qui possède un pouvoir calorifique plus élevé. En 2018, un grand projet expérimental est prévu dans les provinces du Brabant et d’Anvers. Cette reconversion est rendue nécessaire par l’impossibilité, dès 2030, d’importer du gaz à faible pouvoir calorifique des Pays-Bas. Cela signifie que les chaudières réglées pour le gaz pauvre et nouvellement alimentées en gaz riche devront être contrôlées et converties. Il s’agit donc d’une opportunité non pas pour convertir mais pour remplacer les vieilles chaudières par des chaudières à condensation économes en énergie. Le secteur estime le coût de cette migration à environ 700 millions d’euros.