Bis repetita : gratte-ciel bois

 
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Ici même voici peu, Focus Archi web (lire l’écho ici) vous parlait du nouveau joujou dont un nombre croissant d’architectes se sont emparés: les gratte-ciel en bois, d’hauteur encore il est vrai modeste. On avait zappé ce bureau londonien qui s’essaie au jeu très en vogue de la plus haute tour du monde du moment ; culminant à 300 m, elle serait entièrement façonnée en ce matériau. Le bureau PLP architecture prend toutefois ses précautions: ses têtes pensantes travaillent main dans la main avec des ingénieurs triés sur le volet et le département archi de l’université de Cambridge.

Ceux-ci fleurissent désormais un peu partout, de Marseille et Vancouver (18 étages, en construction) à la Scandinavie. De son côté, le bureau londonien PLP Architecture veut construire une tour plus ambitieuse à Londres – la Oakland Tower – en ce matériau, un immeuble résidentiel de 80 étages comptant 1.000 unités résidentielles. Si Londres, la plus dense des capitales occidentales, veut survivre, elle doit exponentiellement densifier. L’une des pistes est d’y multiplier les constructions lèche-nuages en bois. L’objet jusqu’ici conceptuel est déjà malicieusement surnommé «Cure-dents» par les sujets de sa Majesté. Cette solution gagne en popularité dans la mesure où le grand public associe le bois avec nature et développement durable. De leur côté, les architectes et développeurs envisagent son utilisation en immeubles de hauteur car il est moins pesant, moins énergivore et que construire avec des éléments préfabriqués en bois – préalablement traité et imprégné – est bien plus rapide et résistant au feu ; même les colles utilisées sont ignifuges. Pour développer son projet, PLP Architecture s’est entouré d’ingénieurs spécialisés et du département architecture de l’université de Cambridge. Car en l’état de la science de bâtir, la stabilité de l’ouvrage exige actuellement un noyau d’acier et de béton au-delà de quatre étages. Mais la plupart des spécialistes des gratte-ciel l’accordent : les tours en bois ou non vont se multiplier dans les années et décennies à venir : explosions démographiques et urbanisation accélérée des villes l’exigent. Partner de PLP Architecture, Kevin Flanagan ne dit pas autre chose dans une contribution publiée online par l’Université de Cambridge, l’un des partenaires du bureau dans cette recherche plutôt particulière: “Nous vivons désormais tous principalement en villes. En conséquence, les propositions doivent inscrire notre futur bien-être dans un contexte urbain. Notre bureau a déjà signé nombre de gratte-ciel à Londres ; l’usage du bois pour ériger de tels immeubles géants pourrait transformer notre manière de construire dans la ville. De tels hauts immeubles en bois doivent posséder tout le potentiel architectural nécessaire pour transformer cette expérience urbaine en quelque chose de plaisant et de sociable.

Autre réalisation récente de PLP Archi ? Un projet de tour d’1 km desservie par… funiculaire , évidemment pas en bois… © PLP Architecture