Business as usual ?

 
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Sous blocus arabe depuis début juin, le petit état gazier Qatar ne manque pas encore de matériaux pour organiser l’événement planétaire du Mondial de foot à l’hiver 2022. De son côté, jusqu’à ce début juillet, la Russie est le terrain de jeu de la Coupe des Confédérations, répétition générale du Mondial du prochain été.  

En mai dernier, conçu par l’architecte français amoureux des courbes Roger Taillibert (stade Parc des Princes > Paris ; divers vélodromes en France ; équipements olympiques > Montréal ; …), le Khalifa International Stadium rénové constitue la première enceinte livrée au Qatar. La XXIIe Coupe du monde de football sera en effet organisée par le Qatar (2,7 millions d’habitants ; 300.000 autochtones) du 22 novembre au 18 décembre. Notifié à la FIFA, l’événement planétaire a en effet été déplacé en hiver en raison des conditions climatiques. Ainsi, sans utilité immédiate donc, l’enceinte Taillibert a été climatisée à 26°C ambiants pour répondre à des conditions estivales extrêmes.

Ce stade a été livré tout juste avant le blocus. Celui-ci a été décrété par l’Arabie saoudite et ses satellites (E.A.U., Bahrein, Egypte, …) début juin, pour appui au terrorisme djihadiste et collusion supposée avec l’Iran, puissance régionale détestée. Ne disposant que d’une unique frontière terrestre avec l’Arabie, le Qatar utilise le plus souvent les airs ou la voie maritime pour s’approvisionner. Mi-juin, l’acheminement du matériel pour construire les 7 autres stades n’était pas encore sérieusement entravé par cette quarantaine sapant l’unité régionale affichée.

Semaine à un demi-milliard $

D’ici 2022, le Qatar doit encore se doter de 7 nouvelles infrastructures dont le Lusail Iconic Stadium, l’enceinte principale de 86.250 places sise à 15 km au nord de Doha, la capitale qatarie. A l’issue d’un concours international, sa conception a été confiée aux équipes britanniques rompues à l’exercice de Foster & partners + Populous (stade olympique JO Londres et quantité de stades) assistés de la société d’ingénierie Arup. Au toit rétractable en forme de selle et à l’enceinte en forme de bol de béton encerclé d’une douve d’eau franchissable par 6 ponts, ce stade vedette accueillera cérémonie d’ouverture, match inaugural et finale du Mondial 2022.

Pour se doter à temps de toutes ces enceintes et infrastructures (métro, hôtels, …), le petit état gazier du Golfe persique dépense 500 millions $/ semaine ! Soit 468 millions €… Il s’agit notamment du Qatar Foundation stadium (40.000 places ; livraison fin 2019), d’Al Bayt et Al Wakrah (respectivement 60.000 et 40.000 places ; fin 2018), de Ras Abu Aboud Stadium (min. 40.000 places ; ?), et d’Al Thumama et Al Rayyan. De son côté, partageant la même ambition politique de rayonnement/diplomatie par le sport, la Russie prépare elle le Mondial 2018, déjà l’été prochain. Nos voisins de l’Est utilisent l’actuelle Coupe des Confédérations (jusqu’au 2/7) comme terrain d’essai international et de répétition générale.

© Foster + partners ; SCDL Qatar (bras organisateur du Mondial 2022)