Cités artificielles, science-fiction ?

 
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Pourquoi vouloir habiter Mars alors que la Terre compte 7/10 d’océans ? Dont la moitié encore à coloniser… La Silicon Valley parie sur la création d’îles flottantes, pour lutter contre le réchauffement climatique. Un premier prototype serait installé en Polynésie française en 2020… Aux fous ?

La colonisation humaine des mers… Financé par le millionnaire US Peter Thiel (cofondateur de PayPal) qui a rallié entre-temps la sphère Trump, l’équipe du Seasteading Institute travaille le sujet depuis 2008. Silicon Valley a en effet en tête de sauver les terres menacées par réchauffement climatique et montée des eaux, et y reloger les réfugiés climatiques. Comment ? Par des îles artificielles flottantes, de véritables cités futuristes bâties sur les flots. Un prototype a d’abord été imaginé au Honduras, aux Maldives ou au large des îles Marshall.

En définitive, il sera construit près des côtes en Polynésie française, 3.500 km de terres émergées épargnées par tsunamis et cyclones. Mi-janvier dernier, gouvernement polynésien et ONG californienne ont signé un protocole d’accord sous forme d’un recueil d’intentions réciproques. La mise à l’eau est prévue d’ici 2020, comprenant trois plates-formes en « eaux calmes » totalisant 7.500 m2 de logements, commerces, parc d’affaires et bureaux.

Iles expansibles

Hyper-connectés – leur pays dispose d’un câble sous-marin digital avec Hawaï -, les Polynésiens tablent sur un formidable saut technologique dans l’aventure et des retombées de 30 millions $ (environ 27 millions €). Les Californiens prennent à leur charge études de faisabilité déjà lancées, techniques et juridiques. Paradis artificiels en vue ? Que nenni. On y parle aquaponie (notre écho du 18/11/2016 > FA web), agriculture verticale et aquaculture, énergies renouvelables et marémotrices, taxes fiscales inexistantes et zone économique spéciale favorable aux start-up et l’économie numérique.

En cas de divergences mitoyennes, il suffirait de lever l’ancre et d’arrimer ailleurs à l’instar des villas néerlandaises conçues (aquatecture) pour être divisées entre divorcés (notre écho du 20/10/2016 > FA web). Si la généralisation du prototype « reste très éloigné dans le futur », estime Thiel, la problématique est particulièrement d’actualité pour Papeete, Tahiti et consorts : « 30% de la superficie polynésienne se trouve aujourd’hui au niveau de la mer et risque de disparaître sous l’effet de la montée des eaux d’ici quelques dizaines d’années », synthétise l’architecte Jacques Rougeriespécialiste des milieux marins à l’Institut de France (Paris).

© The Seasteading Institute