Du beau linge pour Grand Paris Express

 
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A la différence des Belges, on sait soigner ses gares RER et GPE outre-Quiévrain : pour équiper le futur Grand Paris, 68 gares et ses 200 km de lignes, l’Hexagone fait appel à une kyrielle d’architectes en duo avec des artistes de renom…

Belgique aux petits pieds

Dans une très récente actu parue (> ‘Plus question de rester à quai’ sur FA web), Focus Archi web faisait longuement écho au très coûteux RER-tortillard belge – une toile encore à tisser d’infrastructures (gares, parkings, espaces publics, …) et de trains rapides cadencés dans un rayon de 30 km autour de la capitale – toujours à conjuguer au futur sous nos cieux. L’idée a émergé début des années 90 pour décongestionner Bruxelles de ses centaines de milliers de navetteurs quotidiens en quatre roues. Ledit réseau devrait déjà équiper l’hinterland bruxellois, 25% de l’emploi en Belgique. Il n’en est rien. Au mieux, il faudra encore ronger son frein jusqu’en 2027-28.

Chez nos voisins hexagonaux, il en va tout autrement. Là, on ne lanterne pas, on accélère au turbo, avec de l’allure. Et on couple des tas de bonnes idées à la candidature de Paris aux Jeux de 2024. Ainsi le mégaprojet d’aménagement et de développement autour de la Ville-Lumière baptisé Grand Paris (où habitent 18 % de la population française !) émerge un peu plus chaque jour. Et le RER français va s’enrichir tout prochainement de 200 km de lignes nouvelles du GPE (Grand Paris Express) ou de prolongations/modernisations d’un certain nombre existantes, notamment :

  • 14 > Villejuif (Sud parisien)

  • 15 > Fort d’Issy à Créteil et Champigny (Sud-Est)

  • 16-17 > Clichy (Est)

Tandems inédits

Il en coûtera la bagatelle de 24,9 milliards € ont annoncé José Manuel Gonçalvès et Jérôme Sans, co-directeurs artistiques du projet. Car c’est là son originalité. Le directoire de la société Grand Paris a en effet décidé de faire appel à des équipes d’architectes différentes pour les 68 gares à créer. Les 9 milliards engagés en cette année 2017 seront d’abord consacrés aux gares GPE élaborées par 37… architectes d’horizons les plus divers. Ces gestes architecturaux et véritables marques du territoire viendront épauler non seulement la candidature de Paris aux JO de 2024, mais aussi l’Expo universelle de 2025.

Au premier rang, Kengo Kuma & associates s’occupera de la gare St-Denis Pleyel. Elizabeth de Portzampac a signé celle du Bourget. Dominique Perrault (biblio François Mitterrand) jettera son dévolu sur Villejuif-Institut Gustave Roussy. L’agence danoise BIG (Bjarke Ingels Group) se voit confier Pont de Bondy et les Parisiens d’Architecture Studio (cathédrale de Créteil ; > Focus Archi n°7 pp. 16-17) Nanterre La Folie. On retrouvera l’agence Valode & Pistre (stade euro 2016 ‘Pierre Mauroy’ à Lille, avec Pierre Ferret ; échos FA web des 23/5, 20/7 et 24/10/2016) sur un doublé : Le Vert de Maisons et Les Ardoines. Deuxième singularité dudit projet : tous ces architectes et les autres travaille(ro)nt en duo avec des artistes : Yann Kersalé, Michelangelo Pistoletto, Ryoji Ikeda, …. Et ce dès le début de la conception, mariage chaque fois validé par un comité de pilotage. Dix de ces tandems inédits ont déjà été formés.

SGP et Maison de l’Architecture en Île-de-France organisent un cycle de 8 conférences sur les architectes des 68 gares à venir du GPE. Elles ont lieu une fois par mois jusqu’en décembre 2017, avec 3 architectes par conférence. De 19h à 20h30, chaque premier mercredi du mois à la Chapelle des Récollets – Maison de l’Architecture en Île-de-France, 148 rue du Faubourg St-Martin/Paris. Entrée libre. Programme détaillé consultable ici

© Kengo Kuma & associates ; agence BIG