Genève se paie un concours d’idées

 
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Avis aux amateurs: la mairie genevoise vient de lancer un concours international d’architecture. Objectif: accoucher idées et fulgurances pour aménager l’ensemble de la rade de la deuxième ville helvète la plus peuplée, au panorama époustouflant.

On le sait, bordant le lac Léman à l’Ouest, la place la plus importante au monde en matière de private banking et de négoce du pétrole est aussi la ville qui accueille le plus d’organisations internationales au monde. Soit une bonne vingtaine (CICR, OMC, OMS, CERN, …) auxquelles s’ajoutent plus de 250 ONG. Depuis plusieurs années, l’état de sa prestigieuse rade, construite au XIXe siècle et à laquelle on n’a plus touchée depuis l’entre-deux-guerres, suscite les critiques. De l’avis de beaucoup, les bricolages successifs lui ont donné une tournure urbanistique désolante. Or, l’histoire de Genève est étroitement associée à son architecte Le Corbusier (immeuble La Clarté) et à son lac (582 km2), un plan d’eau au paysage exceptionnel.

Insuffisants, les espaces publics y sont saturés par une multiplicité d’activités limitant l’accès à l’eau et au panorama pour population et touristes. Ainsi, quais et plan d’eau sont notamment envahis et encombrés de vieux bateaux ventouses et de bâtis «provisoires» (chabaurys en Suisse romande). Et les lieux de baignade s’y comptent sur les doigts: Bains des Pâquis, Genève-Plage, Baby-Plage. Sur un secteur allant de la Perle du Lac au barrage du Seujet et à l’île Rousseau, le premier magistrat de la ville au jet d’eau culminant à 140m entend valoriser l’équipement et l’a inscrit à l’agenda politique.

Attirer le haut du panier

Le canton, le maire Guillaume Barazzone et le conseiller Remy Pagani (constructions) lancent donc un concours d’idées à l’international (un projet une première fois avorté mi-2014) vers les architectes intéressés. La moitié de son coût est financée par une fondation privée genevoise voulant conserver l’anonymat. Le jury du concours d’idées sera présidé par l’architecte genevois Patrick Devanthéry, assisté par ses collègues suisses François de Marignac, Jean-Pierre Stefani, Pia Durisch (Tessin), Marie-Claude Bétrix (Zurich) ainsi que l’architecte cantonal Francesco Della Casa.

Le cénacle a été élargi à la New-Yorkaise Susannah C. Drake et les Danois Jan Ammundsen et David Zahle de Bjarke Ingels group (BIG). Ce trio a de grands projets d’aménagement d’espaces public à son actif. Il y a aussi le Français François Chaslin. Environ 250.000 FS seront destinés à récompenser les concurrents du concours devant réunir lignes directrices et projets concrets. « Les rémunérer correctement attirera de bonnes candidatures », commente-t-on à Genève.

Fin du bricolage?

Dans la rade et sur les quais, il s’agira de faire émerger une vision novatrice favorisant accès à l’eau, promenades, espaces de détente, mobilité douce et végétalisation. Chaque idée architecturale proposée devra prendre en compte future plage et prochain port des Eaux-Vives. Contrairement au concours de projets évoqué en 2014 (réalisation estimée à… 22,5 millions FS), la Ville n’aura pas l’obligation de réaliser le projet lauréat.

En revanche, cette dernière pourra s’inspirer « des idées émises par les différents concurrents. Le but est d’avoir de la matière pour se projeter, imaginer comment rendre ce lieu plus convivial et réaliser de nouveaux aménagements pour la rade. » Dans le cadre d’une expo à venir tenue sur les quais, les projets concurrents primés de ce concours d’idées seront présentés au public en mai 2017. Une consultation publique sera ensuite organisée, pour se réapproprier la rade.

Survolez la cité de Calvin et sa rade en drones en cliquant ici (4’ 57’’ ; YouTube/Airshoot) et encore ici (6’26’’ ; TDG)

© Geneva Live Tourism ; doc TDG