Hostos : nécessité fait loi

 
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Les redéploiements hospitaliers sont légion. Voilà un secteur stratégique où l’architecture doit construire du neuf, en l’absence de reconditionnements possibles de bâtiments anciens souvent dépassés. Charleroi l’a bien compris, de Lodelinsart à Gilly où 5 hôpitaux généraux seront réunis et domiciliés sur un… terril à araser.

Sur la balle

Au site historique en cours de déconstruction-désamiantage, l’hôpital civil de Charleroi a investi ses nouveaux murs lodelinsartois (Marie Curie) en 2014. Et dès 2022, Charleroi rassemblera ses forces hospitalières privées actuellement très dispersées en un unique Grand Hôpital de Charleroi (GHdC) sur un seul site de 17 ha : le… terril des Viviers à Gilly. C’est acquis : 5 sites sur 6 s’y re-déploieront, soit Notre Dame (Charleroi Ville Haute) actuellement voisin du temple commercial Ville 2, Ste-Thérèse et reine Fabiola (Montignies-sur-Sambre), St-Joseph (Gilly), IMTR-Loverval.

Ici comme ailleurs, la tendance est similaire : l’heure est aux regroupements avec un nombre significatif d’hôpitaux généraux en déficit chronique ; l’heure est aussi à la limitation des lits aigus (10.000 en surplus selon une étude récente) ; autres modes d’organisation et nouvelle génération d’infrastructures doivent émerger pour relever les nouveaux défis médico-sanitaires, notamment l’hospitalisation de jour qui assoit toujours plus sa croissance. En 2016, un tiers du 1,4 milliard € investi dans le secteur l’a encore été en terrains et bâtiments.

Arasement, top départ

Dans ce contexte, sur concours, la première métropole wallonne a rameuté des bureaux parmi les meilleurs limiers de cette architecture spécifique. Greisch et Transitec s’occupent d’y dessiner plan de mobilité et accessibilité des lieux. L’association de VK Architects & Engineers et des Carolos de Réservoir A s’occupe, elle, du dur : le GHdC à prédominance blanche sur socle noir. A Gilly, la capacité est portée à un millier de lits. En plus des consultations, urgences et admissions, il faudra y accueillir quotidiennement 5.000 prestataires de soins de santé, médecins et paramédicaux…

Le défi ? De taille, puisque le futur GHdC est le plus gros projet de construction d’hôpital ‘nouvelle génération’ jamais porté en Wallonie, inspiré par Pays-Pas et Scandinavie (conception en ‘layers’ ou fonctions). Sur 11 des 17 ha du site des Vivier, ni monobloc ni pavillonnaire, sa structuration en une demi-dizaine de modules desservis par des rues connectées par patios et passerelles, mobilisera la somme faramineuse de 500 millions € et 135.000 m2. En cette fin février, les travaux phase 2 - nivèlement du terrain, arasement du terril (cône résiduel) - seront lancés. On attend pour fin 2017 la publication de l’adjudication du gros œuvre fermé.

© A.M. VK/Réservoir A