Josaphat et ‘Pompidou’ bruxellois à table

 
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Deux dossiers majeurs arrivent à maturité dans la capitale. On procédera pourtant de deux manières pour les mener à bien, architecturalement parlant…

Marques d’intérêt

Ce n’est plus un scoop. Comme Metz auparavant ou Abu Dhabi, Bruxelles aura son centre Pompidou, avec bénédiction et support de la maison-mère. Et la localisation est plutôt singulière : l’ancien garage classé Citroën et ses 48.000 m2 bâtis modernistes en bordure du canal (visite à 360° ici), à la jointure entre Pentagone et entrée de Molenbeek (écho FA web du 3/10/2016). Ses contours se précisent. Ce sera le plus gros investissement culturel depuis l’époque du roi-bâtisseur Léopold II. La cathédrale automobile, son show-room et ses immenses verrières à préserver seront mués en un musée moderne et d’art contemporain et un autre dédié à l’architecture (Civa + St-Lukas) complétés de nombreux espaces publics.

L’ex-directeur du Mac’s (Grand Hornu) Laurent Busine rejoindra l’aventure comme conseiller spécial. Proprio des lieux, la Société d’aménagement urbain (SAU) lance un concours international d’architecture en ce mois d’avril pour réunir les meilleures gâchettes de la profession. On cite déjà quelques bureaux aux solides références comme les Helvétiques Herzog & de Meuron, Rem Koolhaas (OMA), Ateliers Jean Nouvel, … Un jury international les départagera en arrêtant une short-list de 7 noms. On cite une enveloppe de 170 millions €. Le choix final interviendra mi-2018, pour des travaux débutant à l’automne 2019, années électives.

Ex-gare de triage

Plus dans l’Est bruxellois, la friche ferroviaire stratégique Josaphat (40 ha ; ancienne gare de triage) est appelée à constituer un nouveau pan de ville mixte à cheval entre Schaerbeek et Evere (écho FA web du 26/09/2016). Un peu plus de la moitié sera urbanisée d’ici 2026 sous forme de 650 logements a décidé, également, la SAU déjà citée plus haut. Il s’agit d’y totaliser à terme, outre un poumon vert de 4 ha, quelque 1.600 logements (45 % > publics ; 55% > privés) à des prix ‘entrée de gamme’. Ils seront complétés par des équipements collectifs : école, crèches, outils sportifs et culturels, pôles loisirs, requalifiant la zone industrielle révolue.

Avec le projet bientôt définitivement configuré, la Société d’aménagement ira à l’exécutif bruxellois pour lui faire approuver Plan d’aménagement directeur (PAD) + Rapport d’incidence environnementale à soumettre à enquête publique. Ensuite, la SAU va lancer la procédure de marché public idoine permettant la réalisation progressive d’une première tranche (‘campus habitat’ de quelque 66.000 m2) au sud du site. En juin prochain, elle le fera à l’aide non d’un concours d’architecture classique mais d’un dialogue compétitif. Cette manière de faire avait déjà été utilisée pour le projet Neo I/Europea au Heysel emporté par Jean-Paul Viguier Architecture.

© ADT-ATO/Reporters et P. Sa.