La plus haute, vraie et… fausse

 
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En matière de constructions de gratte-ciel, le centre de gravité s’est déplacé. Depuis longtemps, Etats-Unis et Europe sont détrônés dans la course à la construction de la plus haute tour du monde. Désormais, Moyen Orient et Asie rivalisent au coude à coude dans cette lutte techno-architecturale acharnée…

A Genève, la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale est ralliée chaque jour par quelque 5.400 étudiants. On y forme notamment les architectes helvétiques de demain. Et on veut le faire savoir. Dans ce cadre, du 28 avril au 30 juin prochains, HES-SO travaille sa notoriété en organisant1 une série d’événements sur le thème «Frontière et urbanité». Il s’agit d’offrir un autre regard sur Grand Genève et France toute proche, et susciter la réflexion. Pour l’alimenter, colloques, débats, expos, concerts, animations, certes. Mais aussi un grand geste architectural sous la forme de la plus haute tour du monde (1 km) plantée à la Jonction. Soit un quartier… Virtuellement situé à la confluence du Rhône et de l’Avre. Car pour l’admirer, il suffira de télécharger une app’ Smartphone et de chausser des lunettes 3D (fournies sur place). Ainsi équipé, on pourra la scruter de divers points de vue disséminés dans la ville. Et même grimper à son sommet pour embrasser une Genève originale et inédite: au fil des siècles, à l’aide de cartes topographiques informatisées. Mais aussi à lac asséché, à rade sous menace arctique avec l’irruption d’un… iceberg ou encore sous raid aérien additionnant tous les vols quotidiens jouant au touch & go à Genève. Dans la vraie réalité toutefois, au jeu de la plus haute, c’est Dubaï qui emporte la palme. La cité-Etat possède le Burj Khalifa (vidéo NGC ; 48’) qui culmine à 828 m depuis janvier 2010 (14 millions de touristes en 2015). Pour le moment, cette hauteur atteinte en fait le plus haut gratte-ciel jamais bâti sur terre. Et Dubaï va remettre le couvert avec Dubaï Marina ; l’architecte hispano-suisse Santiago Calatrava Valls a été mandé pour concevoir ce gratte-nuages à 950 millions €… C’est en tous les cas ce qu’a annoncé ce dimanche le géant de l’immobilier Emaar. Pour ménager le suspense et lancer un écran de fumée en direction des rivaux, on sait pour l’instant juste qu’elle sera la plus haute du monde en 2020, pour couronner l’Expo universelle organisée par Dubaï. En réalité, sa hauteur exacte ne sera dévoilée qu’à l’issue des travaux. A structure à forme de minaret arrimé au sol par des câbles, le gratte-ciel aura au moins une vingtaine d’étages dévolus horeca et hôtels, ainsi qu’une plate-forme d’observation. Dans cette course jamais finie du bâtiment le plus culminant de la terre, Kingdom Holding (propriété d’un prince saoudien) a lancé l’érection de Kingdom Tower à Jeddah, ville portuaire de la pétromonarchie saoudienne. Pour ce qu’on l’en sait, cette tour doit dépasser le km de hauteur en bordure de mer Rouge. Coût ? Un peu moins de 2 milliards €…

1 Programme publié dès le 28/4

© Keystone ; AFP