L’ère des supra-méga-tours ?

 
FA_Kingdom-City-Jeddah-vue-aerienne.jpg

L’embellie de l’économie mondiale a relancé la course au gratte-ciel le plus haut de la planète. De gros bureaux américains sont de la partie… au Moyen 0rient.

Temporairement baptisée tour du Royaume (kingdom tower) puis Djeddah, la tour la plus haute du monde est à nouveau en cours d’érection à Djeddah, capitale économique de l’Arabie saoudite. Après des retards conséquents dûs aux soubresauts de la crise économique mondiale et de mauvaises conceptions côté bétons, son kilomètre – au minimum – devrait bientôt détrôner son prédécesseur, Burj Khalifa (échos du 13/4/2016 et 17/3/2017 > FA web), gratte-ciel de 828 m dominant Dubaï (E.A.U) et conçu par les Américians de SOM. A massé élancée, aérodynamique, épurée et légèrement asymétrique – on en connaît enfin le visage définitif (vidéo corporate ici) –, le futur plus haut bâtiment du monde est né sous les stylos graphiques d’Adrian Smith + Gordon Gill Architecture (AS+GG) fondé en 2006, après avoir quitté… SOM.

Projet bien plus large

Le dévelopeur de cette construction hors norme est la Jeddah Economic Company (JEC). Elégante et racée, cette tour clairement organique doit en réalité constituer la première pièce maîtresse d’un développement urbain bien plus large totalisant un peu plus de 5 millions de m2 alentour, en zone nord, à proximité de l’aéroport international King Abdulaziz. A usage mixte, on devrait y trouver un hôtel Four Seasons, des appartements meublés, des bureaux, des condominiums de luxe. Et le plus haut observatoire du monde. Le projet d’AS + GG comprend un système de façades extérieures à haute performance réduisant consommations d’énergies et charges thermiques.

L’entrepreneur principal est le groupe Saudi Benladin entouré de Mace et d’Arcadis en chefs de projet. On en est actuellement au-delà de la soixantaine d’étages construits. Le noyau structurel de béton et revêtements extérieurs devraient être achevés en 2019. Le bâtiment devrait être livré en 2020. Entre-temps, le duo d’architectes ex-SOM refuse catégoriquement d’incarner et d’être entré dans l’ère de la «supra-méga-plus haute tour du monde» (méga-tall). Autorité en matière de gratte-ciel érigé dans le monde, le CTBUH (Council on tall buildings & urban habitat) estimait dans un de ses derniers rapports – publié en 2016 – que les tours de 600 m constituent «la nouvelle frontière pour les bâtiments les plus hauts du monde.»

© Adrian Smith + Gordon Gill Architecture