Les bytes, nouveau pétrole

 
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En 2003, le titan du high tech Google s’est installé à 65 km de San Francisco, au cœur de la Silicon Valley californienne. En quinze années, son siège Googleplex n’a cessé de s’y étendre. Mais de sourdes menaces planent…  

Baptisé Googleplex, contraction des mots Google et complex(e), le siège social du géant du web et leader des moteurs de recherche est sis à Mountain View-Californie où siègent d’ailleurs la plupart des GAFA: Google, Apple, Facebook, Amazon, …. Au pays, la firme US possède en réalité une grosse vingtaine de sites. Elle en détient autant de ce côté-ci de l’Atlantique, sur le Vieux Continent, une quinzaine en Asie et une dizaine au total entre Moyen-Orient et Amérique latine. Googleplex abrite notamment le site des développements du système d'exploitation open-source Android (mobiles et Smartphones). A nouveaux ‘dieux’ notamment des générations nées avec le numérique (millenials), nouvelles cathédrales, bien entendu.

Depuis 2003, celle de Google à Moutain View ne cesse d’étendre ses tentacules, forte de la valorisation du groupe à 447 milliards € (550 milliards $). A l’été 2017, Googleplex atteignait 290.000 m2 pour 35.000 Googlers y travaillant. Jusqu’à présent, le gigantesque campus actuel constitue un patchwork de bâtiments hétéroclites entre hangar de l’entre-deux-guerres de l’aéronavale et série high tech clinquante. Totalisant 316.000 m2, les futures extensions Google North Bayshore à concevoir par l’association momentanée des Danois de Bjarke Ingels Group (BIG) et des Britanniques de Heatherwick Studio (intérieurs du projet) tiennent davantage d’un ensemble cohérent, entre carrés, dômes et canopées. En janvier dernier, les Scandinaves ont été également chargé d’imaginer à Sunnyvale, à quelques minutes de voiture, une paire de bureaux avec des toits rampants à livrer pour 2021.

Robots et pieds dans l’eau ?

Selon une dépêche de l’Agence France-Presse du 8 mars dernier, la Silicon Valley et les GAFA ont pourtant du souci à se faire... s’ils restent dans la région. Pas particulièrement par manque de place à venir. Sis près de la baie San Francisco, la capitale américaine des nouvelles technologies serait en réalité bien davantage menacée par l’affaissement des sols (2 à 10 mm/an, voire davantage) conjugué à la montée du niveau des océans provoqué par les récents changements climatiques qui vont s’amplifier, synonymes d’aggravation de futures graves inondations à déplorer.

Selon une étude tout juste publiée dans la revue Science Advances, cette combinaison périlleuse doublerait en effet le risque dans cette région d’ici 2100. Les infrastructures les plus exposées? Celles bâties sur des zones gagnées sur la mer, comme l’aéroport international de San Francisco, Foster City – polder entre San Francisco et San Jose – ou encore Treasure Island, entre SF et Oakland. La surface à risques passe au minimum à 125 km2. Mais dans le pire des scenarii, au même horizon, elle grimperait plutôt à… 413 km2. Littéralement aux portes et pieds de quelques-uns des prestigieux GAFA donc…

© BIG + Heatherwick Studio © Ph. G.


 
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