Un géant sur les hauteurs ardentes

 
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A Liège-Glain - comme ailleurs -, Assar Architects et Artau ont conçu un complexe hospitalier mastodonte, regroupant une série d’autres complètement dépassés. Nouvelle évolution architecturale : on les prévoit évolutifs, désormais. Pour grandir ou même… rapetisser.

Pour faire face aux immenses défis des prochaines décennies - dont les moindres ne sont pas le vieillissement des populations et le maintien à domicile des plus âgés nécessitant plus de soins -, le secteur médical est condamné aux innovations, bonnes pratiques et surtout économies d’échelle. Pour y répondre, dans les trois Régions, des mégaprojets hospitaliers s(er)ont ainsi (bientôt) en cours de construction (New Erasme, GHdC sur un terril arasé, …) ou en voie d’achèvement (UZ Leuven, Chirec sur une ex-friche ferroviaire dans le S.-E. bruxellois, …).

Bien souvent, c’est la résultante de regroupements d’hôpitaux existants ne disposant plus de la taille critique, prenant la forme de ces nouvelles constructions modernes et gigantesques. C’est aussi le cas du MontLégia en fin de gros-œuvre, sur les hauteurs ouest de Liège, sur l’ancien charbonnage « Patience et Beaujonc » à Glain. Conçu par Assar Architects (l’un des spécialistes belges du créneau) + Artau, il regroupera les activités des cliniques Saint-Joseph (Liège), Espérance (Montegnée) et St-Vincent (Rocourt) appartenant au Centre Hospitalier Chrétien. La Région wallonne a délivré le permis à l’été 2013, après avis e.a. de la CWEDD.

Lieux… évolutifs !

S’il accueillera les premiers patients et quelque 2.800 membres du personnel dès 2019, le futur complexe médical liégeois à deux ailes et six niveaux n’occupera que des 10 des 30 ha exploitables. Véritable mastodonte, cet hôpital général à 764 lits (+ 155 en clinique de jour) totalise … 113.000 m². Les architectes (voir vidéo corporate ici ; 3’18’’, avril 2017) avaient deux contraintes : distinguer le pôle mère-enfant des services généraux ; faire voisiner lieux d’hospitalisation et services médico-techniques. Pour y répondre, Assar/Artau a proposé une disposition en croix avec rue médicale entre les blocs, joignant unités de soins et services cités, et séparant avec clarté les différents flux dans l’hôpital.

Les 20 ha restants ne sont pas perdus : une partie servira à couvrir les évolutions de l’hôpital en préjugeant déjà maintenant des évolutions, agrandissements, réagencements indispensables futurs. A Charleroi par exemple, «nos blocs opératoires ne vont servir que 15 ans, durée de vie normale, relève ainsi David Vandrooghenbroeck, chef de projet du nouvel Grand Hôpital de Charleroi (GHdC ; notre écho du 22/2 > FA web). La 3e aile, pas construite, a déjà été prévue pour accueillir les futurs blocs pendant qu’on reconstruit ceux à changer

Dès le départ on prévoit désormais en effet «des trames architecturales différentes, capables de s’adapter.» A la hausse comme à la baisse. Car dans l’hypothèse «d’une faillite par exemple», on peut réduire la voilure ou réorienter carrément le métier des briques déjà posées. «En outre, cela diminue le risque de nos financeurs», conclut le Carolo. A Liège-MontLégia, pareil. L’hosto a ainsi été calibré pour pouvoir grandir, le cas échéant. Même si une autre partie des lieux table sur le développement d’une zone d’activités économiques (Croissant d’Or) et, en contrebas, d’un éco-village de près d’un demi-millier de logements (54.000 m²) signé Artau architectures.

© Assar Architects + Artau Architectures